Sarreguemines grüßt Köln !

Cette année, le Carnaval de Sarreguemines salue Cologne. Les festivités se dérouleront du 26 février au 9 mars 2011.  

D’influences rhénanes, le Carnaval de Sarreguemines est le plus important de Lorraine. Il a lieu tous les ans une semaine avant le Mardi Gras et se déroule toujours selon le même rituel, avec le couple princier, les Kappensitzungen, la Grande Cavalcade ou encore les bals masqués (Balla-Balla). Il se termine le mercredi des Cendres avec la condamnation du Prince de Carnaval.

Cette fête authentique et colorée dure plus de 10 jours dans les salles et les rues de la cité des faïences. 

Les Kappensitzungen se dérouleront le samedi 26 février à 20h11 sur la scène de l’Hôtel de Ville. Elles présentent des personnages qui apparaissent au public lors des différentes manifestations. Chacun d’entre eux ayant un rôle bien précis. On y retrouve entre autres le Couple Princier, les Fotzers, les Hôtesses du Peuple du Carnaval, les Clowns ou encore le Conseil des Onze. 

La Cavalcade Internationale se déroulera quant à elle le dimanche 27 février à partir de 14h30 dans les rues du centre-ville. Colorée, diversifiée et d’envergure internationale, la Cavalcade a acquis depuis longtemps ses titres de noblesse et connaît chaque année un formidable succès populaire. Elle est toujours très attendue par le public de la Grande Région. 

Les Ballas-Ballas se tiendront le samedi 5 et le mardi 8 mars à partir de 20h11 sur la scène de l’Hôtel de Ville. Ces bals Masqués apportent chaque année une touche de créativité et d’originalité dans les déguisements pour satisfaire petits et grands. Ils attirent chaque année des milliers de carnavaliers. 

Enfin, la Condamnation du Prince de Carnaval aura lieu le mercredi 9 mars à partir de 16h30. Le jugement est ouvert au public. Il est composé du Conseil des Onze, des Hôtesses du peuple du Carnaval et bien sûr de la Princesse. Le jugement est sans appel, les témoignages n’y changeront rien. Le Prince sera conduit sur le Pont de l’Europe. Son dernier geste sera de tendre une brindille de mimosa à sa Princesse. Devant la Princesse en pleurs, le « Strohman », (l’Homme de Paille), sera hissé à la potence. Il sera enflammé et jeté dans la Sarre. Le temps de la débauche et des travestissements sera alors terminé.

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3 réflexions au sujet de “Sarreguemines grüßt Köln !”

  1. La tradition du Carnaval est bien ancrée en Lorraine germanophone, comme par exemple à Sarreguemines. Dans la cité des faïences, les écrits les plus anciens retrouvés mentionnant cette période d’allégresse datent de 1590. Il s’agit d’une lettre adressée à la cour des comptes de Nancy par le châtelain de Sarreguemines, Ulrich Motsch von Isstein. Il justifiait ainsi une dépense pour des harengs et des miches de pain. Ces vivres étaient en effet destinés à tous ceux qui participent à la cavalcade, « comme de coutume par le passé ».
    Carnaval est une période de folie et de débauche, où les barrières, notamment sociales, s’effacent, où le servant devient le maître et vice-versa. Cela n’empêche cependant pas la fête d’avoir ses rites, immuables. Tout commence toujours le 11 du 11 à 11 h 11. Le onze est un chiffre symbolique, indivisible. C’est le chiffre des fous. Le couple princier est ainsi intronisé le 11 novembre en recevant symboliquement les clés de la ville. Viennent ensuite les Kappensitzungen (ou « soirée des chapeaux »). C’est un temps de dérision, de fête, avec des chants et des musiques typiques. Sans oublier les Footzers et leurs « Witz », ces blagues coquines ou acerbes. Les Balla Balla, grands bals où les gens viennent déguisés, constituent le troisième temps fort. A l’origine, c’étaient des soirées où les femmes invitaient les hommes en leur tapant sur l’épaule avec une tapette. On ne savait jamais avec qui on passait la soirée. Sauf qu’après minuit, les masques tombaient, ce qui réservait quelques surprises. C’est alors le moment de la cavalcade, avec son défilé de chars, ainsi que sa pluie de confettis et de bonbons.
    La fête s’arrête avec la condamnation du prince le mercredi des Cendres. Jugé pour tous ses méfaits, notamment pour avoir dilapidé l’argent des citoyens qui ont trop fait la fête à cause de lui, le Prince de Carnaval est brûlé et jeté dans la Sarre, où sur les berges, les habitants « ruinés » lavaient autrefois symboliquement leurs porte-monnaie vides. La période de Carême peut alors commencer.

  2. « Au cul la vieille, c’est le printemps ». La « vieille » n’est autre que le symbole de temps difficiles. Elle vient régler ses comptes avec les humains, avant que ceux-ci ne la mettent au feu avec le mannequin de Carnaval.
    Carnaval est quelque chose de communicatif. En Moselle-Est, c’est une tradition, une institution pour les gens. Il s’agit de fêtes utopiques où toutes les barrières tombent. Le Prince de Carnaval inverse les vêtements, la gauche et la droite, change de sexe et fait basculer la hiérarchie. Celui qui se déguise en vieille ou en fou ouvre une brèche en lui, comme le passage de l’hiver au printemps.
    Dunkerque est un carnaval de rue. Nice, Venise et Rio de Janeiro sont des shows. Sarreguemines est un carnaval rhénan, dont les origines remontent à l’époque napoléonienne. Il s’agissait alors de se moquer de l’occupant. Quand tout va mal, on trouve toujours l’esprit à faire la fête, c’est ça l’esprit de Carnaval. Dans le Sarreguemines de l’après-guerre, où les soirées costumées étaient l’adage des cafés et des restaurants locaux, l’animation durait quatre jours. Les gens se préparaient à l’avance. Certes, Carnaval n’est peut-être plus ce qu’il était par le passé, mais la coutume perdure encore. Le Conseil des Onze veille en effet aux destinées de la Société Carnavalesque de Sarreguemines.

  3. Le Prince Carnaval a dernièrement été condamné à mort, le jour du Mercredi des Cendres, par le Tribunal du Chahut public de Sarreguemines. Son règne s’est terminé dans la Sarre. Avant d’être jugé, il a défilé enfermé dans une cage dans les rues du centre-ville. Peu impressionné face au Tribunal, le Prince a continué à boire, encouragé par son avocat. La Présidente du Tribunal a donné la parole à plusieurs témoins qui ont défendu le Prince après avoir prêté serment. Le second témoin a eu du mal à venir le défendre, tant il titubait. Le Tribunal a ensuite rendu son délibéré qui s’est soldé par la mise à mort du Prince Carnaval. La Princesse Carnaval n’a pas pu retenir ses larmes au moment de dire adieu à son prince.

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