Le Projet ULCOS avance sur le terrain et dans les têtes

Le Projet ULCOS vise à créer sur le P6 de Florange-Hayange le premier haut fourneau de la planète à produire de l’acier en réduisant de près de 60 % les émissions de dioxyde de carbone (CO2). Le site lorrain pourrait alors devenir la référence mondiale de la production d’acier propre. De quoi aussi le pérenniser. 
Les ingénieurs le préparent pour le passer en mode recyclage d’ici 2014. Ils profiteront de la réfection complète du haut fourneau pour le mettre en configuration ULCOS dès la fin 2013.
Le système de captage de CO2 transitera par une étape de purification du dioxyde de carbone dans une unité de cryogénie, avant de pouvoir l’injecter dans le sous-sol. Le stockage du CO2 comporte quant à lui encore un certain nombre d’inconnues. A commencer par l’obtention d’un permis d’explorer. ArcelorMittal attend une réponse des autorités administratives d’ici le printemps prochain. Il faut également que le projet soit accepté par la population du Nord meusien au moment où le département est en train de vendre son âme au diable avec l’enfouissement des déchets radioactifs français. Alors un stockage intempestif de plus, risquerait bien d’être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Enfin, il reste à définir un cadre juridique pour l’installation du stockage. 
Le financement du projet constitue un autre point important qui nécessitera d’importants soutiens publics. Le projet global de captage-stockage de la sidérurgie, avec le démonstrateur de Florange, culmine en effet à 650 millions d’euros. 
Cela dit, le projet de démonstrateur de Florange dispose d’un atout non négligeable. Il est en effet le seul de l’industrie sidérurgique en lice dans l’appel à projets européen. Les autres proviennent, pour l’essentiel, de producteurs d’énergie, de la chimie et de l’industrie pétrolière. 
Il faut savoir qu’ULCOS réunit un consortium de 9 sidérurgistes européens et de 48 partenaires industriels, qui assurent 60 % du financement, les 40 % restants étant à la charge de l’Union Européenne. Le budget total s’élève à 75 millions d’euros sur 6 ans. ULCOS est aussi une famille de quatre procédés, dont trois utilisent le captage-stockage, la technologie des cinquante prochaines années. Deux de ces procédés passeront par la Lorraine. Le premier est celui du CSC (Captage Stockage de CO2) avec le démonstrateur de Florange. Il en est à son tout début et ne sera déployé industriellement qu’après 2020. Le second, Ulcowin, prend racine à Maizières-lès-Metz, chez ArcelorResearch. Il préfigure ce que sera la société post-carbone. La production de l’acier s’effectue par électrolyse du minerai de fer, c’est-à-dire sans haut fourneau. C’est ici qu’a été construit le pilote qui est la préfiguration d’une cellule industrielle. On sépare l’oxygène du métal. ArcelorResearch travaille avec l’ENSIC (Ecole Nationale Supérieure des Industries Chimiques) de Nancy. Pour Ulcowin, il faudra attendre quinze voire vingt ans pour un déploiement industriel.

5 réflexions au sujet de “Le Projet ULCOS avance sur le terrain et dans les têtes”

  1. ArcelorMittal a comme prévu dernièrement déposé son dossier sur le Projet ULCOS. Le document détaille entre autres le financement du projet attendu sur le haut fourneau P6 à Florange-Hayange.
    Outre les 110 millions d’euros de gain de productivité utilisés pour la réfection du P6, ArcelorMittal espère 9,3 millions d’euros de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, 150 millions d’euros de l’Etat français via le grand emprunt, 30 millions d’euros de la Région Lorraine et 256 millions d’euros du programme européen NER 300. Enfin, le consortium ULCOS, fort des cinq principaux producteurs, assurerait le financement du solde autour de 178 millions d’euros.
    Le 9 mai, le gouvernement français déposera le dossier à Bruxelles qui décidera au premier semestre 2012 de financer ou non ce dossier vital pour la pérennité de la sidérurgie lorraine.
    ArcelorMittal attend encore le feu vert dans les prochaines semaines pour son permis d’explorer le sous-sol dans la zone retenue pour stocker le CO2 dans le Nord meusien. Des recherches géologiques s’étendraient de fin 2011 à début 2013. Le sidérurgiste dit vouloir agir dans la « plus grande transparence », afin de convaincre les populations riveraines. Le P6 en mode ULCOS devrait être opérationnel en 2015.

  2. Projet ô combien stratégique et structurant pour l’avenir de la sidérurgie lorraine, le dossier ULCOS sera déposé lundi 9 mai à la Commission Européenne de Bruxelles. Cette dernière, après l’avoir accepté, devra ensuite le valider, sans doute courant 2012, pour confirmer son soutien financier par le biais du Fonds européen NER 300 qui atteindrait 256 millions d’euros. Ce financement, tout comme celui des collectivités territoriales, sera décisif dans la réalisation de ce projet, dont le coût estimé s’élève à 623 million d’euros. Il s’agit ainsi de créer en Lorraine le premier démonstrateur industriel de la planète d’une technologie de captage stockage du CO2, afin d’en réduire les émissions de l’ordre de 60 %.
    Porté par un consortium de sidérurgistes européens, ULCOS a été initié dans les années 2000. Il mobilise depuis les chercheurs du monde entier pour améliorer les performances environnementales de cette industrie. Le chef de file du consortium est ArcelorMittal, présent en Lorraine avec le site de Florange et le centre de recherches de Maizières-lès-Metz.
    A noter enfin que selon beaucoup d’observateurs, le géant mondial de l’acier investira à Florange dans la réfection de ses hauts fourneaux si et seulement si ULCOS se fait. Si tel est le cas, le haut fourneau P6 de Patural à Hayange sera mis aux normes ULCOS.

  3. Le ministre français de l’Energie est dernièrement venu plaider auprès de la Commission Européenne à Bruxelles la cause du projet de captage-stockage de CO2 ULCOS, prévu à l’aciérie d’ArcelorMittal de Florange. Pour financer ce projet, Arcelormittal est prêt à mettre 100 millions d’euros et demande 150 millions d’euros à l’Etat français et 250 millions d’euros à l’Union européenne. La décision de la Commission européenne est attendue mi-2012 au plus tard.
    Selon le ministre français, Lakshmi Mittal et la direction générale d’ArcelorMittal « n’ont pas l’intention de fermer le site ».

  4. Les permis d’explorer le sous-sol pour le stockage de CO2 dans le Nord meusien a été obtenu. Ils ont révélé un terrain propice au projet de captation de CO2. La composition géologique des couches d’argile serait en apparence idéale pour retenir ce gaz sous terre et faire en sorte qu’il ne s’échappe pas. ArcelorMittal fait dès lors monter la pression pour obtenir des financements.

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