Stop à la saignée dans les écoles lorraines !

Avec 822 postes supprimés pour compenser une soi-disant perte de 3 991 élèves, la Lorraine est particulièrement touchée par la suppression de postes dans l’éducation prévue par la nouvelle loi de finance. Les nouvelles restructurations scolaires imaginées par l’Etat français se mettent en place (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/12/18/nouvelles-restructurations-scolaires-en-lorraine/).   
Les lycées professionnels sont les plus impactés par ces mesures scandaleuses avec 235 retraits en Lorraine. Par ailleurs, rien qu’en Moselle, 112 retraits sont également prévus dans les écoles et 60 dans les collèges. 
Si, jusqu’à présent, le taux d’encadrement dans l’académie Nancy-Metz était supérieur à la moyenne française par rapport à d’autres académies où la démographie est en plus forte progression, les opérations de démantèlement en cours cachent en réalité des motivations inacceptables qui compromettent dangereusement l’avenir de la Lorraine et de ses habitants. 
En effet, l’argument démographique ne tient pas. Il est sans lien avec le nombre de postes supprimés. Par exemple, dans les Vosges, on supprime deux postes pour cinq élèves en moins. En Moselle, ce sera du un pour cinq. Le ratio n’a strictement aucun sens ! C’est de l’arbitraire pur pour dépouiller une fois pour toute la Lorraine de ses ressources et de ses forces vives. 
Ainsi, le ministère se désengage complètement et des filières disparaissent, alors qu’il manque par exemple une vingtaine de professeurs d’allemand dans notre belle province. La réalité est que des élèves se retrouvent sans enseignant à la rentrée, que des professeurs sont contraints de naviguer entre plusieurs établissements, et que les établissements sont obligés de recourir à des vacataires peu formés et parfois difficiles à trouver. L’étau se resserre donc inexorablement. 
C’est pourquoi les organisations syndicales ont dernièrement boycotté le Comité Technique Paritaire Académique (CTPA) à Nancy. Elles comptent organiser des manifestations importantes après un second boycott du CTPA. Deux boycotts de suite, ce serait du jamais vu. Le vent de la révolte commence a soufflé en Lorraine … 
Les Lorrains ne doivent plus se laisser faire. C’est primordial. 

10 réflexions au sujet de “Stop à la saignée dans les écoles lorraines !”

  1. Le recteur ne sait pas comment il compte résoudre la quadrature du cercle qui consiste à supprimer des postes d’enseignants sans faire bondir les effectifs par classe, tout en préservant les collèges…
    Pas facile de tailler dans la chair quand on est sur l’os, n’est-ce pas ? Car, c’est une nouvelle saignée que va connaître la Lorraine à la rentrée.
    La ponction est lourde, très lourde même et de surcroît inédite, dans la mesure où elle va au-delà de ce que pèse l’académie en termes arithmétiques. En effet, Nancy-Metz représente 4 % des personnels de l’Education nationale. Or, Paris a décidé qu’il fallait supprimer 16 000 postes au total. Cela fait donc, en théorie, 640 postes de moins en Lorraine à la rentrée prochaine. Le prélèvement annoncé est supérieur de 200 postes…
    Après les restructurations militaires, scolaires, on voit bien que le gouvernement français s’acharne en Lorraine.
    Pourtant, l’éducation est l’un des piliers du développement. Elle est encore plus importante pour une Lorraine qui montre de plus en plus de signes de décrochage et dont la main d’œuvre manque cruellement de qualification. Et que dire des répercussions que tout cela laisse entrevoir sur les conditions d’éducation de nos jeunes.
    Nous devons réinventer notre avenir.

  2. Un proviseur du Nord-Pas-de-Calais à la retraite a dernièrement renvoyé ses palmes académiques à Luc Chatel pour protester contre les suppressions de postes dans l’Education nationale. Le proviseur s’est en effet déclaré scandalisé par un décret du 12 novembre 2010 qui institue une part variable dans les primes versées aux recteurs « en fonction des objectifs atteints », parmi lesquels figurent les suppressions de postes.
    La prime comporte en 2011 deux volets, une part fixe de 15 200 euros et une « part variable », dont le montant peut atteindre 45 % de la part fixe, soit de 0 à 6 840 euros. Au total, un recteur pourra donc avoir jusqu’à 22 000 euros de prime.
    La coupe est pleine.
    Rappelons que l’académie Nancy-Metz est touchée par 821 suppressions de postes d’enseignants.

  3. Avant même que les suppressions annoncées pour la rentrée prochaine soient effectives, les situations limites ne sont déjà plus rares en Lorraine. Appauvrissement des options, enseignants non-remplacés pendant parfois des semaines ou absences compensées par différents remplaçants successifs, jusqu’à sept pour une grande section de maternelle de l’école Wilson d’Algrange, la situation des effectifs est déjà très tendue. Les exemples ubuesques ne manquent pas.
    Pourtant, une nouvelle saignée va encore compliquer les choses l’an prochain. Des centaines de postes vont être supprimés en Lorraine alors que nous avons déjà atteint l’os. C’est de la folie.
    Une mesure inique et injustifiable.
    C’est d’ailleurs sans doute pour ne pas froisser les électeurs qu’un silence de marbre sera conservé sur les détails des coupes claires dans le primaire jusqu’au lendemain des élections cantonales.
    Une honte républicaine.

  4. Les enseignants ont fait les comptes. Avec 120 postes supprimés en lycée général et technologique, certaines sections pourraient compter jusqu’à 35 élèves et dans certaines classes plusieurs filières seraient mélangés. Par exemple, des terminales scientifiques pourraient se retrouver avec des lycéens de filières économiques.
    Par ailleurs, si le nombre d’élèves a diminué ces dernières années, le baby-boom des années 2000 présage une augmentation d’inscriptions scolaires.
    De même, certains établissements, comme le lycée Jean-de-Pange de Sarreguemines, font appel à un retraité pour le remplacement d’un congé maladie.
    Enfin, l’inspection académique dit qu’une classe doit compter 30 élèves, car il n’y a pas suffisamment de professeurs. En même temps, c’est certain si cette même inspection supprime leur poste… Or, les enseignants considèrent qu’avec 24 élèves par classe, ils peuvent travailler correctement. Elever le niveau d’enseignement et lutter contre les inégalités à l’école ne semblent donc pas le but de ce projet de suppression de postes.

  5. Le conseil régional de Lorraine a dernièrement voté une motion contre la suppression des 841 postes (822 enseignants et 19 administratifs) dans l’académie de Nancy-Metz. Cette décision est en effet hautement préjudiciable pour l’avenir des jeunes Lorrains et de la Lorraine toute entière. Le Groupe BLE Lorraine, qui défend les intérêts de la Lorraine et des Lorrains, salue ce vote. On ne peut en effet charger indéfiniment la mule d’une Lorraine si lourdement handicapée.
    La motion a fait le plein des voix, à l’exception de celles du groupe UMP-Nouveau Centre et de son chef de file, Nadine Morano, ministre à l’apprentissage et à la formation professionnelle. Cette dernière s’est ainsi faite l’avocate du diable en justifiant la politique de rigueur du gouvernement français. Quand on est à Paris, elle bien loin la Lorraine … C’est une honte.

  6. Les représentants syndicaux, des élus et des parents d’élèves ont dernièrement quitté la salle de la préfecture de région qui accueillait le Conseil Académique de l’Éducation Nationale (CAEN) dans une cacophonie indescriptible. Cette démonstration de force résulte en effet du mécontentement toujours aussi vif suscité par l’annonce de 841 suppressions de postes dans l’académie Nancy-Metz. Les manifestants ont ainsi laissé le recteur et ses collaborateurs en tête-à-tête avec le représentant du Medef et les élus qui n’avaient pas souhaité s’associer à ce coup d’éclat.
    Rappelons que la Lorraine est une nouvelle fois la province la plus durement frappée par de telles mesures. En l’absence de toute corrélation avec les évolutions des effectifs scolarisables, l’application de ces directives aurait pour conséquence une sérieuse dégradation des conditions d’enseignement pour les jeunes Lorrains.

  7. La suppression de 524 postes d’enseignants dans le second degré pour la rentrée prochaine compromet le bon fonctionnement de ces établissements. Afin de protester contre de telles mesures, plus de 50 chefs d’établissement lorrains ont dernièrement rallié les locaux du rectorat à Nancy pour une manifestation et une rencontre avec le recteur. En effet, « 524 postes en moins, cela correspond à la fermeture de 10 collèges de 500 élèves ».
    La conséquence directe de cette directive française se répercutera, entre autres, sur le nombre d’élèves dans les classes et sur la réalisation des projets.
    C’est la première fois que les chefs d’établissement lorrains montent au créneau pour défendre « l’ambition de l’école en Lorraine ». Le recteur a pris l’engagement d’« être attentif ».

  8. Les lycées professionnels de Charmes (129 élèves), de Saulxures-sur-Moselotte (137), d’Auboué (88), de Morhange (115) et de Guénange (170) seraient dans le collimateur des restructurations scolaires opérées en Lorraine par le gouvernement français, tout comme les sections professionnelles des lycées techniques de Commercy, d’Épinal (Mendès-France), de Pont-à-Mousson (Hanzelet), ainsi que la seconde générale du lycée Héré à Laxou.

  9. La manière dont est mené mécaniquement le démontage du service public d’éducation, sans tenir compte des réalités économiques, humaines et en dehors de toute concertation est tout bonnement scandaleuse.
    Comme nous vous l’avons précédemment expliqué, ce sont les établissements techniques et professionnels qui sont les plus touchés par les iniques et odieuses restructurations scolaires. Ce constat paraît paradoxal. En effet, la rénovation de la voie technologique s’achève à peine et parmi les priorités affichées par le ministre français de l’éducation, la formation professionnelle figure en bonne place.
    La Lorraine possède 84 établissements techniques et professionnels. Le fruit de son passé industriel. Elle a toujours formé beaucoup de jeunes par la voie professionnelle.
    En raison d’effectifs très faibles, certains Lycées Professionnels (LP) ou Sections d’Enseignement Professionnel (SEP) sont particulièrement visés. Il s’agit du LP Marcel Goulette de Charmes (129 élèves), du LP de la Haute Moselotte à Saulxures-sur-Moselotte (137 élèves), du LP Fulgence Bienvenuë d’Auboué (88 élèves), du LP Paul Dassenoy de Morhange (115 élèves), ainsi que des SEP des lycées de Commercy, Pierre Mendès France à Épinal ou encore Jean Hanzelet à Pont-à-Mousson.
    Le LP Joseph Cressot de Guénange (170 élèves), sur lequel a pesé un projet de fermeture il y a trois ans, apparaît de même fragilisé malgré des investissements récents.
    Viennent enfin les cas de Gaspard Monge à Hayange, qui n’accueille que 54 élèves, et celui de Jouffroy d’Abbans à Moyeuvre-Grande, dont la section carrière médico-sociale, pourtant attractive, n’a pas été transformée en bac pro, ce qui menace sérieusement son avenir à court terme.

  10. Dans l’enseignement catholique, la Lorraine est aussi, en proportion, la province qui perd le plus de postes avec 103 supprimés à la rentrée prochaine sur environ 3 900 enseignants et 42 000 élèves. Pourtant, toutes les classes sont pleines. Ces suppressions résulteraient de mouvements de population sur l’ensemble du territoire français.

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