L’illettrisme toujours aussi fort en Lorraine

L’illettrisme touche encore 128 000 Lorrains en 2010, soit 12 % des adultes âgés entre 18 et 65 ans. Ce chiffre, trois points au-dessus de la moyenne française, n’a pas évolué depuis l’année dernière.

Cette difficulté frappe généralement les personnes les plus vulnérables, puisque 26 % des allocataires du RMI seraient en situation d’illettrisme. Par ailleurs, 10 % des enfants sont en difficulté, dont 5 % en grande difficulté, pour ce qui est de la lecture en Lorraine. Il faut dire qu’entre 40 % et 60 % des enfants en classe inscris en cours préparatoire ne trouvent pas chez eux un adulte le soir pour leur faire la lecture. 

L’importance de l’illettrisme en Lorraine trouve son origine, à l’instar du Nord-Pas-de-Calais, dans la proche histoire industrielle. En effet, l’illettrisme est traditionnellement plus fort dans ces territoires où, trente à cinquante ans plus tôt, les gens n’avaient pas besoin de diplôme pour travailler. Les ouvriers utilisaient lecture et écriture avec parcimonie. Sans pratique régulière, ils en perdaient peu à peu les mécanismes et s’en éloignaient ostensiblement. 

Il est aujourd’hui grand temps de mettre fin à une telle situation qui est souvent vécue comme une honte et qui handicape la personne dans de nombreux actes quotidiens, comme par exemple lire du courrier, s’orienter dans la rue, rédiger une lettre administrative, ou lire une notice de médicament… 

Quand on sait que l’éducation est un des piliers du développement … En tout cas, ce n’est pas la France qui a appris aux Lorrains à lire et à écrire, quand on sait aussi que du temps de l’indépendance 90 % des Lorrains étaient lettrés …

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