L’AOC pour les Vins de Moselle !

Enfin ! C’est fait, depuis quelques jours, l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) a accordé l’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) aux Vins de Moselle ! Une magnifique récompense pour les 26 viticulteurs repartis dans 18 communes viticoles de Moselle et une en Meurthe-et-Moselle (Arnaville) qui accèdent au monde très fermé des AOC et jouent désormais dans la cour des grands.

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Répartis dans trois bastions, à savoir le Val de Sierck, le Pays Messin et autour de Vic-sur-Seille, les Vins de Moselle rejoignent donc ceux des Côtes de Toul en Lorraine qui bénéficient de cette appellation depuis 1998. Cette récompense historique est le résultat d’une démarche collective engagée en 2005 qui n’était pas gagnée d’avance. Il a fallu en effet convaincre les viticulteurs de produire moins de vin, mais de meilleure qualité. Les rendements ont naturellement été sévèrement réduits et il a fallu vérifier la densité des plantations, le nombre de pieds à l’hectare ou encore l’écartement des rangs. 

L’AOC devrait changer le paysage des vins de Moselle, dont le cépage emblématique reste l’auxerrois, qui représente plus de 30 % de la production, à égalité avec le pinot noir, devant le pinot gris (15 %) et le Müller-Thurgau (8 %). Pour faire simple, la Moselle, c’est globalement 60 % de blanc, 25 % de rosé et 20 % de rouge. L’AOC devrait également booster les exploitations qui recouvrent aujourd’hui 54 hectares de sols argilo-calcaires pour une production de 315 000 hl. Quand on pense qu’il y a 25 ans, il restait à peine quatre hectares de vigne en Moselle. C‘est une véritable renaissance ! Et ce n’est pas une AOC au rabais, quand on connaît les normes actuelles de l’INAO, mais un acte fort de la France viticole, dont la carte est bien établie. Désormais, la typicité et la particularité des vins de Moselle, soit autant de paramètres que l’on ne retrouve pas ailleurs, sont classées. 

En outre, l’AOC permet bien évidemment de mieux valoriser le produit et de lui donner plus de visibilité auprès du consommateur, notamment sur les marchés français et européen. Les visiteurs et les amateurs vont être attirés sur le territoire de la Moselle. Cela va de même stimuler le développement des exploitations et leur renouvellement. C’est une activité non délocalisable, qui génère des emplois directs et indirects. 

A noter enfin que le prochain challenge des viticulteurs mosellans pourrait bien être celui d’une appellation « Méthode traditionnelle lorraine », pour des vins pétillants, pour lesquels d’énormes progrès ont été enregistrés. Ce serait un pas de plus vers une appellation « crémant ». Un beau défi lorrain !

10 réflexions au sujet de “L’AOC pour les Vins de Moselle !”

  1. Il était temps que la Lorraine soit aussi reconnue pour ses vins !!! Messieurs les restaurateurs lorrains, à vous aussi d’aider cet AOC, trop de restaurants à Metz n’ont pas de vins Lorrains.

  2. Dimanche dernier, dans le Réplo, un géographe de l’université Paul Verlaine de Metz (dont j’ai perdu le nom … pardon), annonçait que la Lorraine avait désormais le climat de la Bourgogne grâce ou à cause, c’est selon, du réchauffement climatique.
    Il évoquait aussi que dans les 20 à 30 prochaines années, les températures et le climat se rapprocherait de plus en plus de la région lyonnaise.
    Ce constat amène 4 réflexions :
    1 – Les viticulteurs lorrains auront bientôt à acclimater leurs cépages à un climat plus doux en hivers et plus torride encore en été, voir à adopter d’autres cépages
    2 – Le premier point aura pour effet de sortir du cahier des charges de l’AOC Vins de Moselle … sans quoi les producteurs auraient de plus en plus de mal
    3 – Ces changements de cépages, pour des vins plus « ronds » devraient donc amené à une diffusion plus grande des vins de Moselle aujourd’hui réservés à un petit public de connaisseurs bien souvent locaux.
    4 – Nous ne pouvons qu’apprécier le travail de lobbying réalisé par les viticulteurs lorrains pour obtenir cette AOC, mais ils devront très bientôt à nouveau se mobiliser pour faire évoluer le cahier des charges …

  3. Installé à Ars-sur-Moselle, en plein cœur de l’aire géographique de l’AOC Moselle, Daniel Stapurewicz fut le premier viticulteur mosellan à s’engager dans une production biologique.
    Il exploite deux hectares de vignoble autour de la source de la Joyeuse, dont il a pris le nom pour baptiser son domaine viticole. Ce qui lui permet de produire chaque année environ 6 000 bouteilles.
    Le viticulteur bio met en œuvre les principes fondamentaux de tout agrobiologiste, à savoir pas d’engrais et pas de désherbant chimique. Un travail du sol maîtrisé qui permet la prolifération des « auxiliaires », c’est-à-dire de toutes ces petites bêtes qui assistent le viticulteur.
    A noter que le vigneron arsois continue à planter quelques ares supplémentaires, en n’utilisant que des piquets en acacia fendu garantis trente ans. Ses nouveaux pieds d’auxerrois et de pinot livreront leurs premières grappes en 2014. La patience est la première vertu du vigneron.

  4. Avec plus de 50 % de parts de marché et environ 100 000 ventes par an, le guide Hachette des vins est une bible pour les professionnels et les consommateurs. Sa nouvelle édition est dernièrement sortie. Avec 20 viticulteurs sélectionnés et 4 coups de cœur, la Lorraine y occupe une place de plus en plus importante au fil des ans.

  5. Petit vignoble situé à Ancy-sur-Moselle, le Domaine Les Béliers a été récompensé par deux médailles d’or (une pour un rosé classique, l’autre pour un rosé mousseux) au concours général agricole des vins 2012. Le Domaine des Béliers s’étend sur 4 hectares et produit jusqu’à 25 000 bouteilles selon les années. Une maison modeste qui augmente régulièrement sa production et ses surfaces avec comme objectif de parvenir au doublement le plus vite possible, afin de pouvoir vivre de la vigne.

  6. Des rangs de vignes qui surplombent un aqueduc romain du IIème siècle. Au Domaine La Joyeuse, à Ars-sur-Moselle, la première vendange de la parcelle de 52 ares a été effectuée cette année. Il y a quatre ans, 30 % de gamay et 70 % de pinot noir y ont été plantés. L’assemblage donnera un rosé. Il permet au bourg du Sud messin de renouer avec son passé. Au milieu du XIXème, Ars-sur-Moselle était en effet la commune la plus viticole de Moselle. En 1840, la surface du vignoble mosellan était de 6 200 hectares, dont 197 rien qu’à Ars. Aujourd’hui, la production du Domaine La Joyeuse culmine à seulement 8 000 bouteilles par an.

  7. Les premières vendanges ont dernièrement eut lieu à Arnaville, en Meurthe-et-Moselle. Il y a deux ans, Norbert et Marie-Geneviève Molozay, propriétaires du Château de Vaux, en Moselle, ont en effet planté dans la commune une parcelle de 8 500 pieds de vignes en AOC Moselle. Sur les hauteurs de Metz, le couple élèvent déjà 19 crus, en bio et en biodynamie. Des vins reconnus par les plus grandes tables, mais dont l’expansion est soumise à la problématique foncière. Les remembrements sont malheureusement rares en Moselle. Les propriétaires rêvent que leurs terrains agricoles deviennent constructibles, ce qui fait flamber les prix. C’est la raison pour laquelle Norbert et Marie-Geneviève Molozay sont venus ressusciter la tradition viticole d’Arnaville que le phylloxéra avait décimé. La parcelle, qui surplombe le clocher du village, a été baptisé Clos des Craves car elle est très calcaire. Elle est tellement pentue que le désherbage y a été opéré à la houe. A noter qu’une seconde parcelle est en attente de défrichement.

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