Repères : Otto de Habsbourg-Lorraine, héritier des Ducs de Lorraine

Encore aujourd’hui, le titre de Duc de Lorraine (et de Bar) est porté par les descendants des Ducs héréditaires. Par cette expression, nous excluons Stanislas, Duc nommé par la France. Son règne correspond d’ailleurs à une période de transition entre l’indépendance et l’annexion officielle de la Lorraine. Actuellement c’est Otto de Habsbourg-Lorraine qui porte ce titre. Les Lorrains ne connaissent pas très bien ce personnage. Otto de Habsbourg-Lorraine est né en 1912, en Autriche. A cette époque, c’est encore François-Joseph, mari de Sissi (ou Sisi), qui régnait en Autriche-Hongrie. Otto de Habsbourg-Lorraine n’est que troisième dans l’ordre de succession, derrière son père Charles et François-Ferdinand, dont les enfants ne peuvent accéder à la dignité impériale du fait d’un mariage morganatique.

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Nous connaissons tous les événements du 28 juin 1914 et ses conséquences. En 1916, le vieil Empereur décéda, laissant le trône à Charles Ier d’Autriche-Hongrie. Cet Empereur fut l’un des plus sociaux et des plus réformateurs de tous les temps. Mais il n’a pas pu pas réaliser ses projets en raison de la Grande Guerre. A la chute de l’Empire, Charles aurait dit à son fils, c’est en tout cas Otto qui l’a rapporté à Nancy en mai 2001 à l’occasion de ses noces d’or : « Renoncez à tout s’il le faut, mais ne renoncez jamais à la Lorraine ». 
Il s’en suivit un long exil pour Otto de Habsbourg-Lorraine, en Suisse tout d’abord, puis, après les deux tentatives de Charles pour reprendre le trône de Hongrie, à Madère, où le Dernier Empereur trouva la mort dans la plus grande misère, oublié de la plupart des grands de ce monde, mais pas des Autrichiens, des Hongrois, des habitants de Madère et probablement d’un certain nombre de Lorrains restés fidèles. Le père d’Otto voulait que son fils assiste à sa mort, pour qu’il voit comment meure un Empereur. Si bien qu’en 1922, alors âgé de même pas dix ans, Otto devint le chef d’une des plus vieilles familles d’Europe. 
Il étudia plus tard en Belgique, pays proche de la Lorraine. Il apprit à connaître cette dernière grâce au Maréchal Lyautey, qui l’appela toujours « Notre Duc ». Lyautey se disait en effet légitimiste en ce concerne la France, mais était en réalité fidèle aux Habsbourg. 
Les Nazis tentèrent d’approcher Otto de Habsbourg-Lorraine, afin de rallier à leur cause les Monarchistes Autrichiens, mais il refusa catégoriquement. A ce sujet, il dit s’être infligé la lecture de « Mein Kampf », qu’il renommait « Mein Kampf gegen die deutsche Sprache », autrement dit « Mon combat contre la langue allemande », en raison du style et de la grammaire pitoyables du Führer. Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, Otto fut l’un des plus fervents résistants et le Sauveur de l’Autriche, puisqu’il l’empêcha de tomber sous le joug soviétique. Malgré cela, les Habsbourg-Lorraine durent continuer à s’exiler jusque dans les années 1960, lorsqu’Otto renonça à ses prétentions au Trône. Il fit alors plusieurs voyages en Autriche. Depuis la fin de la Guerre, il habite en Allemagne à la frontière avec l’Autriche, dans la petite ville de Pöcking, où il réside toujours. 
Il se maria à Nancy en 1951, en grandes pompes (voir les vidéos sur http://lorraineindependante.meilleurforum.com/famille-ducale-f9/documentation-t108.htm). De ce mariage naquirent de nombreux enfants dont Charles (Karl), son fils aîné, lui-même père de Ferdinand-Zvonimir. Sa mère, l’ex Impératrice Zita, mourut en 1989. A cette occasion, des dizaines de milliers d’Autrichiens, de Hongrois et de Lorrains vinrent pour les funérailles impériales. De 1979 à 1999, Otto de Habsbourg-Lorraine fut député européen. Il fut également pendant longtemps doyen de l’Assemblée Européenne et Président du mouvement paneuropéen. En 2001, il fêta ses noces d’or à Nancy, et en 2003, il fut le premier à s’engager dans la reconstruction du Château du Lunéville. Sa femme est décédée le 3 février 2010. 

1 réflexion au sujet de “Repères : Otto de Habsbourg-Lorraine, héritier des Ducs de Lorraine”

  1. Une tradition séculaire veut que lorsqu’un Habsbourg revient en Lorraine, il fasse une étape à la Chapelle des Cordeliers, sanctuaire de l’identité lorraine. Malheureusement, seule cette famille a le privilège d’aller dans la crypte, lieu très secret. C’est un temps de vénération et de prière sur la tombe de ses ancêtres.
    Marie-Antoinette, qui n’était pas encore reine de France, mais fille de la puissante impératrice Marie-Thérèse d’Autriche et de François III Duc de Lorraine, est venue déposer des fleurs aux Cordeliers. La jeune Autrichienne était sur la route qui la conduisait à Paris vers son destin. La belle et errante Sissi est aussi passée par Nancy. Elle a également fait étape à la colline de Sion (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2008/11/03/le-signal-de-sion-vaudemont-ou-la-colline-inspiree/), autre lieu inspiré.
    A noter enfin que le fastueux mariage d’Otto et de Régina avait été célébré en mai 1951 à la Chapelle des Cordeliers. La cité ducale avait pour l’occasion était décorée des drapeaux lorrains, français et autrichiens. Des valses étaient jouées dans les rues. Le cortège nuptial comprenait des chevaliers de la Toison d’or, vingt et un archiducs, ainsi que dix-sept princes et princesses.

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