Pour une cinquième école vétérinaire a Metz

Le transfert d’une partie de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort à Metz (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/04/24/restructurations-militaires-une-ecole-de-veterinaires-sur-la-ba-128/) n’a jamais été aussi proche. Dans cette configuration, l’enseignement canin resterait en région parisienne, tandis que la filière équine et celle dévolue aux zones rurales partiraient en Moselle, sur le site de la base aérienne 128 sacrifiée injustement sur l’autel des iniques et odieuses restructurations militaires (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/06/24/plaidoyer-pour-la-defense-de-frescaty/), à moins que ces filières ne rejoignent finalement Dozulé en Normandie. Cette scission de l’enseignement de Maisons-Alfort est une des solutions préconisées dans un rapport d’experts qui met également en évidence les carences actuelles en matière de formation et le déficit de praticiens en zones rurales. Le document souligne de même que la densité des cabinets vétérinaires est avant tout liée « à la proximité des écoles (Lyon, Maisons-Alfort, Nantes et Toulouse), provoquant ainsi un déséquilibre, en particulier dans l’Est. De nombreux étudiants lorrains, alsaciens ou champardenais sont obligés d’aller étudier en Belgique ». 
Le rapport estime par ailleurs qu’il est nécessaire de former environ 80 vétérinaires supplémentaires chaque année. Il met également en avant «  l’excellence de la recherche lorraine dans le domaine des sciences du vivant », ce qui « constituerait un atout pour la mise en place d’un pôle vétérinaire ». En outre, les habitudes de coopération transfrontalière en Lorraine permettraient aussi, selon la mission, « de donner à ce pôle vétérinaire une ouverture internationale ». 
Une seconde hypothèse est également évoquée, celle de la création d’une nouvelle école veterinaire à Metz orientée vers la pratique rurale et tournée vers la formation d’étudiants issus des pays en voie développement, sans toucher à l’enseignement de Maisons-Alfort. Une éventualité renforcée par le fait que la base messine dispose déjà de nombreux équipements : amphithéâtres, chambres d’étudiants, salles de sport, terrains d’entrainement … 
Cette cinquième école pourrait, dans une autre optique, être spécialisée dans l’élevage, avec peut-être un centre de recherche expérimentale. Cette solution présente en effet plusieurs avantages. D’une part, elle ne déstabilise pas les autres écoles veterinaires. D’autre part, elle est particulièrement intéressante pour le contexte démographique lorrain. Elle pèserait en effet environ 300 emplois directs et un bon millier d’étudiants. Autrement dit, il s’agit d’une énorme opportunité pour combler un minimum le vide laissé par le départ des 2 500 personnels de l’armée de l’air. Par ailleurs, la réalisation et l’entretien des infrastructures nécessaires à la vie de l’école permettraient de réemployer une bonne partie des sous-traitants actuels de la base. Enfin, sur le plan de l’enseignement supérieur, le projet permettrait d’améliorer la situation messine. En effet, si Metz est bien doté qualitativement avec de nombreux domaines de pointe, la ville l’est insuffisamment quantitativement, puisqu’il n’y a pas de filière de médecine, pas de véritable école de commerce et peu de formations post-licence à l’Université Paul-Verlaine. Une cinquième école vétérinaire aurait aussi l’avantage de ne pas créer de doublons dans le Grand-Est, tout en augmentant sensiblement le nombre d’étudiants dans l’agglomération messine. La mise en place d’un pôle de recherche permettrait quant à lui d’attirer des entreprises de pointe dans ce domaine. 
Rien n’est pour autant gagné, car le rapport présenté ci-dessus préconise la création d’une telle structure … à moyen terme. 

2 réflexions au sujet de “Pour une cinquième école vétérinaire a Metz”

  1. Si les ministères français des universités et de l’agriculture réunis ont tant de mal à se décider à donner un feu vert au projet d’une cinquième école vétérinaire à Metz, pourquoi ne pas demander aux Belges de l’université de Liège de le faire officiellement, eux qui se plaignent de voir leurs places régulièrement squattées par des étudiants français. Cet exode prouve dans tous les cas qu’il y a problème d’ordre structurel dans la gestion de la formation vétérinaire en France.

  2. L’idée d’implanter une école vétérinaire sur la base aérienne de Metz-Frescaty est abandonnée. Cette annonce constitue une mauvaise nouvelle supplémentaire pour l’agglomération messine où plus de 5 000 emplois civils et militaires ont été sacrifiés en 2008.
    Il y a quelques mois, une mission d’expertise conduite sur place avait évalué la « faisabilité » d’une telle implantation. Mais en quelques jours, le ministre français de l’agriculture a fait savoir qu’« en raison d’un certain nombre d’engagements budgétaires déjà très importants, la création d’une cinquième école vétérinaire n’était pas retenue pour le moment ». Nicolas Sarkozy s’était pourtant déclaré « personnellement favorable » à cette création.

Laisser un commentaire