Lunéville : la chapelle du château rendue aux Lorrains

La chapelle du château de Lunéville, surnommé le « petit Versailles lorrain », a désormais retrouvé toute sa majesté et sa beauté originelle. Pure, dépouillée, elle s’apprête à devenir, grâce à une acoustique réputée exceptionnelle, un écrin parfait pour les voix et les instruments baroques, un thème en lien avec le festival qui se tient non loin de là à Froville-la Romane. Construite en 1720, la chapelle revendique une architecture inspirée de la chapelle royale de Versailles, emblématique des résidences des princes souverains.

Avec l’inauguration de la chapelle rénovée, le château oublié de Stanislas, où il recevait Voltaire, Montesquieu, ou encore Helvétius, retrouve petit à petit son effervescence. Pour l’occasion, des centaines de Lorrains ont afflué dans la soirée vers la cour d’honneur tendue d’un tapis rouge, afin de suivre sur des écrans géants la cérémonie qui rendait avant tout hommage aux compagnons qui ont restauré l’édifice. Sur tout le week-end, ce sont plus de 30 000 personnes qui ont pu découvrir la chapelle. Une véritable fête populaire.

Il faut dire que le résultat est impressionnant. Après l’escalier d’honneur qui apparaît à nouveau dans toute son élégance avec sa rampe en pierre, la salle de la livrée, qui ose le rouge, conduit directement à la chapelle ducale, toute ocre et blanche, dans le respect de sa sobriété initiale voulue par l’architecte Germain Boffrand, en 1720. Sa toiture, à la charpente qui ressemble à s’y méprendre à une coque de bateau renversée, a été entièrement refaite. Les colonnes intérieures qui avaient été cassées ont été remontées avec les morceaux d’origine. Les chapiteaux ont été recréés en plâtre sculpté et les angelots, ainsi que les guirlandes autour des arcs, ont également été réparés.

À partir de janvier 2011, la chapelle deviendra une salle d’exposition, de conférences et de concerts, avec une capacité de 200 places, mais sans gradin ni scène imposante, afin de ne pas parasiter l’architecture. Des espaces de répétition, des résidences d’artistes et des espaces d’accueil et de restauration pour le public devraient occuper les majestueuses salles voisines, à savoir la salle des gardes, la salle de la livrée ou encore les pièces voûtées en sous-sol.

Rappelons qu’avant l’incendie du château, la chapelle était très vétuste. A tel point que des plaques de plâtre dégringolaient. Le Versailles lorrain retrouve désormais le lustre qu’il avait perdu, bien avant le drame. Et si ce dernier avait été un mal pour un bien ? Et si le site renaissait de ces cendres comme le Phoenix ?

Le défi touristique est en tout cas de taille dans une ville économiquement peu dynamique. Il convient maintenant de faire du site un véritable levier de développement. Pour cela, des réflexions sont actuellement menées autour de la mise en valeur des parties non encore restaurées, dans le but de faire revivre l’esprit des Lumières, bien au-delà des simples parcours historiques. Si bien que l’implantation d’une école de spécialisation en scénographie lumière, d’un institut universitaire des cultures européennes, d’un centre de promotion des métiers d’art ou encore d’un espace dédié aux inventions pour le jeune public, dans l’esprit des cabinets de curiosités, avec un festival annuel des sciences et des techniques, sont actuellement envisagés. Des cafés philosophiques devraient également y prendre place.

A noter enfin que les toitures et les façades rénovées devraient être livrées à la fin de l’année, alors que l’ensemble des travaux doit être terminé en 2016 pour un coût global estimé à 103 millions d’euros. Ici, on ne rebâti pas seulement le patrimoine, on redonne espoir à tout un pays, un pays en quête d’identité et de liberté. Celles de son histoire et de son glorieux passé.  

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