Les sites de Viviers de retour à la vie

Les dommages de la Guerre de Trente Ans (1645-1648) causés par la France et ses alliés dans le conflit qui les opposait à la Lorraine sont inimaginables, tant sur le plan humain, qu’économique et patrimonial. Presque tous les châteaux, les forteresses et les maisons fortes, dont il reste pourtant encore de beaux témoignages, furent détruits et rasés. Mais que la Lorraine serait encore plus belle si toutes ses splendides cités n’avaient pas été brûlées, pillées ou tout simplement rayées de la carte. Un désastre dont notre pays porte toujours les terribles stigmates. C’est peut-être cela le prix de la liberté et de l’indépendance. Pourtant, en attendant de voir peut-être un jour resurgir et se reconstruire des villes tombées comme La Mothe ou Marville, des projets naissent par ci par là dans la campagne lorraine, à l’image de celui d’un couple de Nancéiens tombé amoureux du prieuré de Viviers dans le Pays du Saulnois. Une vieille bâtisse datant de 1624 que ces jeunes gens ont décidé de restaurer à l’identique, selon les plans d’origine. Le chantier, toujours en cours, a d’abord été entrepris à l’extérieur du bâtiment. Pour cela, le couple a judicieusement et intelligemment fait appel à des entreprises locales, dans la mesure où ces dernières possèdent un savoir-faire extraordinaire. Si beaucoup de travaux restent encore à faire au prieuré de Viviers, sur une surface de 400 mètres carrés, ce dernier revient néanmoins petit à petit à la vie, plus de 350 ans après … 

Mais, en dehors du prieuré, Viviers, paisible village de 110 âmes, possédait jadis un château datant du XIIème siècle, appartenant à l’origine à Etienne de Bar, évêque de Metz. Le bourg était en effet à l’époque un carrefour très important. C’était d’ailleurs le seul passage pour se rendre à Pont-à-Mousson, dans le Barrois et en Sarre depuis le Saulnois. François de Vaudémont, Duc de Lorraine, réalisa en outre de grands travaux d’embellissements entre 1625 et 1631. Le château de Viviers devint alors l’un des plus beaux de Lorraine. Mais, comme nous le disions plus haut, la Guerre de Trente Ans ne l’épargna malheureusement pas. Une grande partie des bâtiments fut ainsi détruite sous ordre de Richelieu. Aujourd’hui, seule la bergerie de 300 mètres carrés subsiste encore, unique témoin des heures glorieuses de la Lorraine. Mais la bâtisse se fissure petit à petit, usée par le temps, si bien que d’ici deux ans elle risque tout simplement de s’effondrer sur elle-même. Cela constituerait une nouvelle tragédie pour le patrimoine lorrain. De telles situations nous scandalisent et nous révoltent. Déjà que de nombreux monuments inestimables qui contribuaient autrefois au rayonnement de la Lorraine dans toute l’Europe et qui en faisaient toute la splendeur ont été perdus à cause de la France et de la Guerre de Trente Ans, les Lorrains n’arrivent pas depuis à se mobiliser pour protéger ce qui a pu être sauvé de cette tragédie. Il faudrait, à notre humble avis, que soit prélevé un euro par mois à chaque habitant de Lorraine, qui serait une sorte de « don » fait à des associations en charge de la restauration de sites historiques, si l’on veut un jour pouvoir tout reconstruire. Il serait de même louable que les collectivités territoriales de Lorraine, à savoir départements et régions, consacrent chaque année une part non négligeable de leur budget afin de remettre debout un monument. De telles mesures ne pourraient qu’être profitables à l’attractivité culturelle, touristique et économique tout en séduisant investisseurs et entreprises qui permettraient de recréer des emplois. La Lorraine verrait ainsi son blason sérieusement redoré. Ceci va donc dans l’intérêt général de la Lorraine et des Lorrains. Nous pensons que chaque Lorrain doit être conscient et sensibilisé à toutes ces richesses, à cette culture et à ses traditions oubliées et enterrées par les Français, car ayant fait la prospérité et forgé l’identité même du peuple de Lorraine.

En attendant le changement et le renouveau dans notre pays, des travaux d’histoire et d’archéologie pourraient être menés à Viviers sous l’égide de passionnés, afin de nettoyer les douves et de déblayer le tour de l’ancien château. Enfin, si un travail admirable a déjà été entrepris en Lorraine, comme à l’abbaye cistercienne de Villers-Bettnach, ou encore à la forteresse médiévale de Châtel-sur-Moselle, nombreux sont encore les éléments du patrimoine lorrain à sauvegarder et à mettre en valeur.

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