Une grandeur à retrouver

La Lorraine compte une cinquantaine de châteaux privés que certaines familles s’efforcent à entretenir en y mettant de l’argent, pendant que d’autres les laissent dépérir. Pour parvenir à survivre et revaloriser leur patrimoine, les propriétaires des châteaux de Manom, Preisch, Haroué, Moussey, Saint-Mihiel ou encore Pange doivent impérativement trouver une activité économique, à l’image des visites, source de revenus. Ainsi, au château de Cons-la-Grandville, des appartements d’hôtes et des salles de réception ont été ouverts. Tout un pan de notre glorieuse histoire à protéger. Autant de monuments en danger.

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Le Château de Pange (Crédits photo : Lorraine Tourisme)

Certaines familles ne ménagent pas leurs efforts pour redonner à leurs demeures tout leur lustre d’antan. C’est par exemple le cas des époux Cornevaux à la Manufacture royale de fer-blanc de Bains-les-Bains, dans les Vosges. Ce couple de Nancéiens a ainsi largement défriché les 20 hectares du domaine et rafraîchi une partie des 18 000 mètres carrés de bâti de cette merveille industrielle du XVIIIème siècle inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Mais malgré ce labeur, les Cornevaux ne sont pas à leur première tentative. La Manufacture vosgienne constitue ainsi leur troisième restauration après une maison de maître à Dommartemont et la résidence d’été du Duc de Lorraine Léopold près de Lunéville. Leur nouveau rêve a commencé à se concrétiser avec la création de gîtes et de chambres d’hôtes. Ils jouent également sur le caractère exceptionnel de leurs jardins et de leur parc, qui disposent de potagers aux essences précieuses des ancêtres de la forêt et d’un hêtre tortillard qui attire des chercheurs de l’Université de Nancy. A noter de même que leur tulipier de Virginie est plus ancien que celui de Versailles.   

On retrouve la même passion au Château Saint-Sixte de Freistroff, en Moselle. Ce dernier a été bâti au XIIIème siècle, puis agrandi au XVème. Sa forme originale en fer à cheval provient de l’ancienne ferme fortifiée sur laquelle il s’est construit. Il a traversé l’histoire sans heurts. Au XVIIIème siècle, une nouvelle aile a été élevée. Elle est actuellement en cours de rénovation. Selon le propriétaire, l’édifice a essentiellement souffert d’un manque d’entretien. En effet, entre 1920 et 1982, les anciens propriétaires en avaient fait une exploitation agricole sans vraiment se soucier des murs. Après sa mise en vente, personne ne s’est vraiment penché sur le sort du château, inscrit au registre des Monuments Historiques, qui se délabrait dans l’indifférence générale. Heureusement qu’un bon samaritain passait par là. Comme quoi il y en a encore. Celui-ci s’est fixé des objectifs raisonnables, comme par exemple achever la partie XVIIIème en 2015 pour y habiter. Mais il a déjà tellement fait. La Lorraine le lui rendra …

2 réflexions au sujet de “Une grandeur à retrouver”

  1. Fleuron de l’industrie, la Manufacture royale de Bains-les-Bains a été fondée en 1733. Elle connût dès ses débuts un dynamisme remarquable et accueilli un grand nombre d’ouvriers. Elle était alors la plus importante ferblanterie de France. Cette activité fut abandonnée au XIXème siècle au profit de la clouterie et de la saboterie en 1914.
    Le site a fermé ses portes en 1951. Il est inscrit aux Monuments historiques depuis 1988.

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