Histoire de la Vierge des Faïenciers de Niderviller

L’histoire de La Vierge des Faïenciers de Niderviller est liée au conflit qui opposait au XVIIIème siècle, les habitants du village mosellan et les artistes étrangers, porcelainiers et faïenciers, embauchés par les responsables de la manufacture, pour donner du lustre aux productions. Comme il fallait apaiser les esprits, le meilleur sculpteur de la maison, Lemire, mouleur de son état, réalisa pour l’église une grande statue en porcelaine polychrome représentant la Vierge à l’enfant. Cette pièce emblématique fut aussitôt appelée Notre-Dame de Niderviller ou La Vierge des Faïenciers. Il apparaît de nos jours bien difficile de savoir pourquoi elle fut retirée de l’église et surtout, comment elle a pu atterrir dans le grenier de l’école communale. Toujours est-il qu’en 1890, un antiquaire strasbourgeois fit son acquisition. En 1910, la pièce fut récupérée par le musée national de la céramique à Sèvres, où elle peut toujours être admirée. Son moule unique a quant à lui traversé les siècles sans bruit, oublié dans la poussière d’un atelier. En 1991, des faïenciers l’ont restauré en utilisant les mêmes techniques de fabrication qu’autrefois. Ils ont redonné corps à la Vierge, deux siècles après sa création. Si bien qu’un second exemplaire trône désormais en l’église paroissiale de Niderviller. Une troisième réplique, joli biscuit aux teintes douces, est de même exposée au musée de la faïencerie du village. Une quatrième reproduction fut également réalisée pour le château de Haroué en 2005. La statue de l’église de Niderviller a ensuite assisté, impuissante, au déclin d’une manufacture pluriséculaire, dont la production est aujourd’hui délocalisée à Saint-Clément, en Meurthe-et-Moselle. Son histoire aurait pu s’arrêter là. Ce ne fut pourtant pas le cas, dans la mesure où l’association des Amis de Saint-Nicolas des Lorrains se mobilise depuis 1956 pour restaurer l’église catholique du même nom, fondée en plein cœur de Rome dès 1635. Pour cela, l’organisation cherchait une Vierge. C’est pourquoi une commande fut passée à la faïencerie de Niderviller. Celle-ci porte sur une réédition en version blanc et or de la Vierge des Faïenciers, afin d’assurer l’harmonie avec l’ensemble du chœur. A noter que la facture de 9 050 euros sera entièrement couverte par le don d’un particulier dont l’épouse aujourd’hui disparue, vouait une réelle ferveur à la Vierge des Faïenciers. 

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