Tourisme industriel à la centrale de Cattenom

Le chantier de construction de l’impressionnante centrale nucléaire de Cattenom et de ses 4 réacteurs avait attiré plus de 25 000 personnes. Depuis quelques temps et l’instauration du plan Vigipirate, à peine un millier de visiteur sont accueillis annuellement sur le site. Insuffisant pour les responsables de la centrale qui souhaitent faire découvrir à un plus grand nombre les installations classées et leur environnement. Afin de séduire un public amateur de tourisme industriel, le Centre d’Information a été entièrement réaménagé moyennant un investissement de 500 000 euros. Ce dernier est accessible aussi bien en français, en allemand et en anglais. La centrale de Cattenom propose en outre 8 formules différentes de visite : des abords du site de production en accès libre (plusieurs sentiers de plusieurs km avec explications pour découvrir la faune et la flore du plan d’eau artificiel, ainsi qu’un point de vue sur l’ensemble des installations techniques), au cœur de la zone contrôlée en passant par des parcours commentés par des ingénieurs. Une excellente initiative qui devrait ravir les plus curieux !

Rappelons que la centrale nucléaire mosellane, dont la puissance de ses 4 réacteurs permet de produire 34 milliards de kilowatts, est le 7ème centre de production d’électricité au monde. Cattenom fait enfin travailler 1 200 personnes, ainsi que 1 500 intervenants extérieurs.

5 réflexions au sujet de “Tourisme industriel à la centrale de Cattenom”

  1. Les démarches d’Evaluations Complémentaires de Sûreté (ECS), menées après la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, sont destinées à renforcer la robustesse des centrales françaises. A Cattenom comme ailleurs, elles visent également à mettre en œuvre une source de refroidissement alternative supplémentaire. Même si la centrale lorraine est déjà l’une des rares à disposer de deux sources (eaux de la Moselle et refroidissement hydraulique gravitaire), elle devra en créer une troisième, sans doute en prélevant des eaux de la nappe phréatique par forage.
    A l’instar des autres installations, elle devra également renforcer la sécurisation de son alimentation électrique, dont la rupture peut être très préjudiciable à son système de secours. Ses quatre réacteurs devront être équipés d’un moteur diesel de secours. Cattenom dispose déjà, pour chacun de ses réacteurs, de générateurs à partir de moteur diesel, voire d’une turbine à combustion. Ces moteurs diesel de secours, qui seront bunkérisés, doivent être installés au plus tard fin 2017.

  2. Cattenom figure parmi les cinq centrales nucléaires françaises contraintes de renforcer la résistance à la chaleur des pompes du circuit de refroidissement des piscines du bâtiment combustible de réacteur. Ces piscines permettent de stocker les barres de combustible neuves et usagées. Lors de contrôles du comportement thermique de ces locaux, il s’est avéré qu’en cas de panne de la ventilation du bâtiment, ces moteurs pourraient atteindre leurs limites sous l’effet de l’élévation de la température. A Cattenom, il faudra remplacer un des deux moteurs de l’unité de production n°1 par un moteur plus robuste à la chaleur. Cet écart significatif pour la sûreté a été déclaré à l’ASN (Autorité de Sécurité Nucléaire) au niveau 1 de l’échelle internationale de classement des événements nucléaires. Rappelons que cette échelle compte 8 niveaux, de 0 à 7.

  3. Chaque tranche de la centrale nucléaire de Cattenom va être équipée d’un groupe électrogène d’ultime secours, en plus de ceux qui existent. Des analyses d’étanchéité joint terre/bâtiment et d’ancrage matériel seront également réalisées pour renforcer les mesures face à d’éventuels séismes. Une quatrième source d’eau de refroidissement, par forage dans la nappe phréatique, est programmée, afin d’alimenter le circuit primaire et les piscines de stockage de combustible usé. Une pompe autonome à moteur thermique sera par ailleurs installée pour injecter de l’eau dans le circuit primaire. En cas de dépressurisation de l’enceinte du bâtiment du réacteur, le renforcement du système de filtration permettrait de limiter les rejets en cas de fusion du cœur.
    Ces investissements dans l’amélioration de la sécurité de la centrale représentent près de 30 % des 3,2 milliards d’euros prévus pour Cattenom et son programme de grand carénage, dont l’objectif est d’assurer la durée de vie des installations au-delà de 40 ans.
    A noter enfin que la Force d’Action Rapide Nucléaire (FARN) devrait être opérationnelle d’ici la fin de l’année. Pour un budget de 250 millions d’euros, 300 salariés EDF doivent être mobilisables sous 24 heures, afin de ramener sur les sites endommagés des sources électriques et des moyens de pompage.

  4. Un million d’heures programmées. 2 000 à 2 500 intervenants différents, des pics à 1 500 personnes sur site en plus des salariés habituels. Une facture de 100 millions d’euros. 40 % en maintenance courante, 60 % pour les 77 modifications de sûreté programmées. 60 % des travaux confiés à des entreprises lorraines. 6 000 à 7 000 chantiers simultanément. Le tout à mener en trois mois.
    Comme toujours à Cattenom, les chiffres sont exponentiels et les chantiers titanesques. Pour ses 20 ans, la Tranche 4 va être passée au crible, auscultée par tir radio ou par le fameux robot MIS qui doit sonder la cuve du réacteur. Avec cette visite décennale, la centrale nucléaire de Cattenom achève le cycle de contrôle des 20 ans de ses réacteurs. Le site de production se concentre déjà sur 2016 avec la Tranche 1 qui fêtera ses 30 ans.
    L’objectif d’une visite décennale est de vérifier la conformité du réacteur, d’améliorer le niveau de sûreté et d’investir pour pérenniser la tranche. Après l’examen de tous les contrôles effectués et surtout des fameuses épreuves enceinte et hydraulique, l’Autorité Nucléaire de Sûreté (ANS) délivre ou non son « bon à produire » pour les dix années à venir. Lors des tests, l’enceinte de confinement du bâtiment réacteur est montée à 4,2 bars, contre un bar habituellement, pour contrôler sa résistance. L’épreuve hydraulique du circuit primaire fait monter la pression à 207 bars, contre 155 en temps normal.
    Le chantier le plus conséquent de la visite décennale est le renforcement du revêtement intérieur du bâtiment réacteur par l’application d’une peinture armée aux propriétés mécaniques en pression et température toute particulière. Un chantier colossal sur 60 mètres de hauteur, en zones confinées, qui nécessite sept jours de séchage.

  5. Au total, la centrale nucléaire de Cattenom a produit en 2013 environ 31 TW-h, soit un taux de disponibilité des installations de près de 69 %. Un térawatt-heure équivaut à mille millions de KW-h. Cette production correspond à 8 % de la production française et à deux fois la consommation lorraine.

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