Découverte d’une importante nécropole à Nancy

Des centaines de cadavres ont été retrouvés sur le site de l’ancienne imprimerie Berger-Levrault à Nancy, là où l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) s’affaire depuis mars. Le chantier de fouilles, préalable à la création de 150 logements, se poursuivra jusqu’en octobre. Dans la mesure où un premier diagnostic, consistant à sonder juste 5 % de la surface de construction, s’était montré très fructueux, une dizaine d’anthropologues et de topographes avaient alors été dépêchés sur place. 
Plus de mille de sépultures ont été découvertes dans les 3 500 mètres carrés réservés aux fouilles. Selon les chercheurs, les corps datent du XVIIIème siècle. En 1732, les cimetières médiévaux étaient en effet arrivés à saturation. Les Etats généraux avaient alors décidé d’en créer de nouveaux à la périphérie des villes. Dès lors et jusqu’en 1842, 10 000 défunts auraient été enterrés en dehors des fortifications de Nancy. Les corps découverts étaient encore enveloppés avec du linceul dans des cercueils, et non pas à même le sol. A noter également que la nécropole a été construite sur le modèle anglo-saxon, c’est-à-dire avec des tombeaux individuels, voire familiaux et un parterre recouvert d’herbe. Certains effets retrouvés sur les cadavres, comme des bijoux ou des médailles par exemple, seront enfin analysés ultérieurement. 
(Source : presse régionale) 

1 réflexion au sujet de “Découverte d’une importante nécropole à Nancy”

  1. Les sondages archéologiques réalisés en 2008, en préalable à la requalification du site de l’ancienne imprimerie Berger-Levrault à Nancy, ont mis en évidence des vestiges de la citadelle ainsi que l’ancien cimetière dit des Trois Maisons. Le bastion Le Marquis, qui date des XVIème et XVIIème siècles, a également pu être étudié.
    En 1732, le duc de Lorraine accéda à la demande de la population de la ville vieille de Nancy de créer un nouveau cimetière, sur les anciens fossés, entre la rue des Glacis et l’ancien bastion. Les paroissiens de Notre-Dame et de Saint-Epvre furent alors enterrés au cimetière des Trois Maisons jusqu’en 1842, date de la fermeture définitive des cimetières intra-muros. Le terrain resta inoccupé jusqu’à la construction de l’imprimerie Berger-Levrault en 1871.
    Les limites anciennes du cimetière sont connues grâce à des plans des XVIIIème et XIXème siècles. Le cimetière était ceint de murs et une porte monumentale, encadrée par deux bâtiments de corps de garde, permettait d’y accéder par l’actuelle rue Jean-Lamour, située à l’extrémité Nord. Les rangées de sépultures s’organisaient le long de grandes allées orientées Nord-Sud et bordées d’arbres. L’ensemble engazonné était ponctué par de nombreuses sépultures modestes, simples butes de terre marquées d’une croix, et par plusieurs monuments funéraires imposants par leur faste et leur dimensions.
    Malgré les destructions occasionnées par la construction de l’imprimerie Berger Levrault, le cimetière est très bien conservé. Près de 300 sépultures ont été fouillées. Majoritairement orientées Est-Ouest, les tombes s’organisent en rangées sur au moins 4 niveaux successifs. A chacun de ces niveaux, l’organisation du cimetière se modifie : les allées se déplacent ou se resserrent, changeant ainsi la disposition, voire parfois l’orientation des tombes.
    Les individus sont enterrés pour la plupart en sépulture individuelle et en cercueil. Les traces de linceul sont difficilement perceptibles et les épingles plutôt rares. Cependant, mis à part quelques éléments – une ceinture, quelques boutons, une paire de chaussures –, rien ne permet de penser que cette population se faisait enterrer habillée. Aux sépultures individuelles traditionnelles s’ajoutent des sépultures collectives qui peuvent correspondre à des caveaux familiaux. Enfin, plusieurs sépultures multiples qui regroupent au moins 200 individus ont été découvertes. Il s’agit de sépultures en pleine terre, contenant 2 à 9 individus suivant les cas, disposés plus ou moins tête-bêche.
    Ce cimetière accueille une population caractéristique de la période moderne et pré-jennérienne (dite du scientifique et médecin anglais Edward Jenner qui a découvert le vaccin contre la variole en 1796), composée de nombreux individus âgés ou très jeunes (périnataux et immatures). L’état sanitaire montre de nombreuses lésions dégénératives liées à l’âge. Les calcifications pulmonaires et pleurales sont particulièrement fréquentes et évoquent la tuberculose.
    Les recherches en archives devraient compléter les observations de terrain concernant l’organisation du cimetière, son évolution, le travail des fossoyeurs et leur gestion des cadavres. Des catastrophes, telles que des épidémies ou des épisodes militaires, relatés par les contemporains, peuvent expliquer la présence des sépultures multiples.

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