Exemples de reconversion de friches industrielles en Lorraine

La Lorraine regorge d’anciens sites industriels, ce qui laisse aujourd’hui de grands espaces dégradés. C’est pourquoi, il apparaît nécessaire de prendre le problème à bras-le-corps (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2008/12/03/reconversion-des-friches-industrielles-lexemple-de-la-ruhr/). Nombreuses sont les collectivités territoriales qui se sont lancées depuis quelques années dans la reconversion de friches, tout en gardant à l’idée, de monter un projet qui soit en adéquation avec l’identité territoriale.  
La Communauté de Communes du Pays de Briey (CCPB) a par exemple depuis dix ans fait de la culture l’axe principal de développement de l’ancien Carreau de mine de Mancieulles (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/07/08/le-dynamisme-retrouve/). Un site qui a employé jusqu’à 1 200 personnes avant de s’éteindre en 1978, entraînant un exode massif de la population. La salle Saint-Pierremont appartenait en effet à la mine. Lorsque la ville l’a récupérée, elle l’a laissée à l’abandon pendant dix ans avant que la CCPB ne la réhabilite. Aujourd’hui, elle constitue l’un des joyaux de la communauté de communes et a servi de tremplin pour lancer un site culturel qui compte aussi « La Menuiserie », une fabrique artistique qui permet à des compagnies de s’exprimer sur le territoire, ainsi qu’un centre équestre aménagé dans d’anciens hangars et un jardin extraordinaire réalisé dans les anciens garages transformés en serres. Un projet de gîte rural, comprenant une quinzaine de chambres, devrait bientôt venir compléter l’ensemble du projet. Une vraie réussite. 
Dans les Vosges, la Communauté de Commune de la Haute-Meurthe s’attache quant à elle à revaloriser la friche Malora, en plein cœur de Fraize. Il y a un attachement fort de la population à ce site. C’est pourquoi la collectivité a opté pour une démarche écologique de réhabilitation et d’isolement des bâtiments et non pour une destruction et une reconstruction totale. Les travaux devraient en principe démarrer en septembre. Un pôle sur l’éco construction devrait à terme y voir le jour. Logements, entreprises et centres de formation devraient de même s’y implanter. Le tout en accord avec la filière bois, un des piliers de l’économie et de l’identité vosgienne. 
(Source : presse régionale) 

4 réflexions au sujet de “Exemples de reconversion de friches industrielles en Lorraine”

  1. La Lorraine n’a pas fini de payer son riche passé industriel. Avec 382 sites identifiés, soit 8,5 % de ceux recensés en France, elle est aujourd’hui la quatrième province en termes de nombre de sites pollués, derrière le Nord-Pas de Calais, l’Ile de France et Rhône-Alpes.
    La plupart de nos friches industrielles sont en grande partie apparues dans les années 1960 avec la crise du textile et la disparition des mines de fer. Elles se sont multipliées avec le déclin de la sidérurgie et du charbon. 6 000 hectares ont ainsi été abandonnés, particulièrement en Moselle et en Meurthe-et-Moselle. La plupart ont cessé leur activité à une époque où aucune exigence de remise en état n’était obligatoire. Le vide juridique n’a été comblé qu’en 1984. Depuis la dernière loi d’octobre 2005, les exploitants sont obligés d’effectuer cette remise en état pour un usage proposé et accepté par le maire de la commune concernée. Reste à rattraper le temps perdu.
    Le principe du pollueur-payeur est néanmoins souvent difficile à mettre en œuvre, soit parce que l’exploitant a disparu, soit parce qu’il est insolvable. Dans ce cas-là, l’Etat français procède à une étude d’impact sur l’environnement. Si les experts constatent un risque sanitaire, ils émettent des restrictions, comme l’interdiction de bâtir ou d’installer des jardins. L’Etat centralisateur prend alors à sa charge la mise en sécurité. Le montant investi est financé par une taxe sur les déchets. Chaque année, les régions font remonter leurs dossiers à l’administration jacobine. Paris arbitre alors en fonction des priorités.
    L’enjeu est doublement capital : d’une part d’un point de vue sanitaire, afin d’éviter tout transfert de la pollution à l’homme, que ce soit par le biais des eaux de ruissellement, la volatilisation ou l’absorption par les plantes, d’autre part, parce que la reconquête de ces sites, installés parfois en cœur de ville, est primordiale pour l’urbanisation. L’Etablissement Public Foncier de Lorraine (EPFL) est chargé d’accompagner les projets (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/01/06/l%E2%80%99epfl-agrandit-ses-locaux/). Plus de 200 dossiers sont en cours. La structure en reçoit une trentaine de nouveaux à traiter chaque année.
    Le haut fourneau U4 d’Uckange transformé en espace de culture et de loisirs (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/11/03/jardins-et-merveilles-du-monstre-de-fer/) et le carreau de la mine de Bure de Tressange qui accueille désormais des habitats collectifs constituent deux réussites de reconversion. Cela dit, l’objectif est aussi de s’éviter à l’avenir de tels tracas par la prévention. Une directive européenne doit obliger 200 établissements lorrains à fournir régulièrement un état des lieux des sols et des eaux souterraines des sites qu’ils occupent.

  2. Strates des multiples crises et vicissitudes économiques, les friches industrielles dessinent une Lorraine en mutation, prenant ses marques pour mieux s’inventer un futur. Du textile vosgien aux vallées sidérurgiques, le paysage régional égrène les vestiges des Trente glorieuses comme autant de stigmates douloureux d’un passé révolu. A y regarder de plus près, les vieilles pierres et les tôles rouillées ne manquent pourtant pas de charme. Elles constituent également des promesses de débouchés. Convoités par l’industrie culturelle, ces sites misent sur une reconversion répondant aux impératifs d’une modernité qui en a singulièrement rabattu : chambres d’hôte à la Manufacture de Bains-les-Bains, lieu de vie artistique sous l’ancienne halle verrière de Meisenthal, pôle culturel dans les anciens abattoirs de Nancy, centre équestre et logements au carreau de la mine Sainte-Pierremont de Mancieulles ou encore parc d’entreprises dans le domaine de l’écoconstruction à l’ancienne fabrique de mobilier de bureaux Malora-Simeubles à Fraize, les exemples sont légion. Ils témoignent d’un engouement individuel ou collectif, voire d’un esprit pionnier encore vivace.

  3. Les premiers chantiers de démantèlement des équipements industriels ont débuté sur la rive droite de l’Orne en 2011. Ils devraient se poursuivre jusqu’en 2017, avec, en point d’orgue, la démolition de la dépouille noircie de l’aciérie de Gandrange. Il s’agit maintenant de réfléchir à la requalification de ces immenses friches industrielles de 400 hectares situées sur les bans des communes de Rombas, Vitry-sur-Orne, Amnéville-lès-Thermes, Gandrange, Mondelange et Richemont. Un site presque complètement abandonné aux mauvaises herbes et aux ronces.

  4. En cas de sécheresse et de restriction d’eau, le Jardin extraordinaire de Mancieulles s’alimente dans ses grosses cuves remplies d’eau de pluie. Un système plus économique, plus écologique, mais aussi bien meilleur pour les plantes. Ces réserves sont constituées en hiver et au printemps dans d’immenses cuves destinées à arroser la quasi-totalité des végétaux présentés dans les serres. Le Jardins dispose de cinq réservoirs de 1 800 litres et deux autres de 3 000 et de 2 000 litres. Un puits complète le dispositif. L’eau de pluie est privilégiée dans la mesure du possible car elle est bien plus pure que celle du robinet. Certaines espèces fragiles, à l’image des orchidées, y sont très sensibles.

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