Niki de Saint Phalle au Château de Malbrouck

Une centaine d’œuvres de la plasticienne franco-américaine Niki de Saint Phalle (1930-2002) sont exposées au Château de Malbrouck jusqu’au 29 août. Ces sculptures échappées du Pop Art de son ami Andy Warhol constituent une rencontre pédagogique et émouvante sur les pas d’une femme libre et complexe. Provocante et révolutionnaire, cette artiste questionnait la société de l’époque et ses codes. Cette rétrospective-événement dans le cadre somptueux du château de Malbrouck à Manderen dépasse de loin la célébration de ces clichés cultes, à savoir les fameuses Nanas, figures féminines opulentes, aux seins lourds et aux fesses charnues, qui sont restées la signature esthétique de Niki de Saint Phalle. Sa représentation d’Adam et Eve, avec un homme aussi carré que sa compagne est généreuse et ronde, ouvre une porte sur le côté obscur d’une artiste prodigue. La pomme qu’ils croquent dans leur festin sensuel révèle leur funeste destin, sous la forme d’une tête de mort peinte sur un quartier de Granny-Smith. La violence ne quitte ainsi jamais la compagne du plasticien suisse Jean Tinguely. Le visiteur pourra en prendre conscience dès la première salle avec une Lucrèce fantomatique et inquiétante, à l’appétit pantagruélique. De la tour de la Sorcière au logis principal, Malbrouk décrypte avec gourmandise les différentes époques d’une Niki de Saint Phalle, en recherche de spiritualité, comme le racontent ces totems à l’inspiration amérindienne ou encore son immense Golem qui sert de toboggan aux enfants. Les Nanas reviennent en fin de parcours. Les Trois Grâces miniatures en résine dansent en rond, en hommage à Matisse. Une exposition exceptionnelle à découvrir en Lorraine.

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