Le chantier de la Mutte à la cathédrale de Metz

La Tour de la Mutte, à la cathédrale de Metz, fait actuellement l’objet d’un important chantier de restauration. La Mutte, c’est cette énorme cloche de 10,5 tonnes et de 2,30 mètres de diamètre qui n’a plus sonné à la volée depuis 1919. La cloche reste même muette depuis des années, car les vibrations de ce monstre sont si puissantes qu’elles peuvent provoquer l’écroulement de la tour ! Un chantier de 5 ans d’un montant de 5 millions d’euros a donc été engagé afin de consolider la tour et permettre à la Mutte de sonner à nouveau. 

En réalité, ce qu’on croit être le clocher de la cathédrale était autrefois le beffroi municipal. Construite entre 1220 et 1381 et coiffée d’un beffroi en bois, la tour reçut un couronnement en pierre de 42 mètres de haut de style gothique flamboyant un peu avant la fin du XVème siècle suite à un incendie. On doit ce formidable travail à Jean de Ranconval, maître d’œuvre de la cathédrale de 1478 à 1481 et qui permit d’élever la tour à 88 mètres. 

La cloche principale, installée à l’intérieur, avait pour fonction d’ameuter la population en cas de danger ou pour les grandes occasions. C’est en 1412 que fut est installée la première Mutte. La tradition veut qu’il y ait eu sept refontes, en raison de fêlures successives. La dernière cloche, c’est-à-dire l’actuelle, date de 1605. Elle sonne en fa dièse.  

Jusqu’au début du siècle dernier, un guetteur habitait la tour pour repérer les départs d’incendie. Un fou de pierre du XVème siècle continue de veiller sur la ville depuis cinq siècles.

A l’issue des travaux, la Mutte et ses consœurs pourront à nouveau sonner. Au moins pour les grands événements … 

1 réflexion au sujet de “Le chantier de la Mutte à la cathédrale de Metz”

  1. La restauration de la Tour de la Mutte de la cathédrale Saint-Etienne de Metz est bientôt terminée. Dans les prochaines semaines, les 60 mètres d’échafaudage qui habillent encore la tour seront enlevés. Depuis mars 2010, les tailleurs de pierre de l’entreprise Chanzy-Pardoux restaurent les détails architecturaux en pierre de Jaumont, grignotée par la poussière et la pollution, ou remplacent des éléments irrécupérables. Le chantier, d’une durée totale de plus de quatre ans, représente un investissement de 5,6 millions d’euros.
    Une multitude d’autres travaux, qui ne sont pas visibles du public, sont également entrepris, comme par exemple le nettoyage de toutes les terrasses, la vérification des extincteurs et des installations électriques, ainsi que la mise aux normes sécurité incendie de l’édifice. Des kilomètres de tuyauterie ont ainsi été hissés jusqu’aux combles, sous la charpente métallique, à plus de 40 mètres de hauteur. En cas de départ de feu, les sapeurs-pompiers disposent désormais directement de vannes d’arrivée d’eau accessibles dans l’ensemble de la cathédrale. Cette mise aux normes obligatoire n’est pas inutile pour ce monument, dont les charpentes de bois sec et vermoulu étaient parties en fumée le 6 mai 1877 sous une pluie de feu d’artifice. A elle seule, la mise aux normes incendie a nécessité un budget supplémentaire de 840 000 euros.
    D’autres travaux sont d’ores et déjà prévus quelques mètres plus loin sur cet édifice en perpétuel chantier d’entretien. Les travées Sud, côté Place d’Armes, seront restaurées de la Tour de la Mutte au transept. L’année prochaine, le sas d’entrée devrait également être mis aux normes d’accessibilité. Et quand tout le tour de la cathédrale sera terminé, il faudra certainement recommencer à restaurer.

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