Développement durable et valorisation du patrimoine local

Les anciens intégraient déjà la conception bioclimatique dans leurs bâtis en se servant des reliefs existants et de matériaux naturels. Leurs villes et villages étaient par exemple ceinturés par des vergers. Ils exploitaient de même les ressources locales comme la paille, le torchis, le grès rose des Vosges ou encore le calcaire, chaque commune disposant de sa carrière. Ces matériaux naturels favorisaient en effet l’évaporation de l’eau. A partir des années 1970, la mise en œuvre de matériaux modernes, certes plus pratiques et à première vue plus isolants, empêcha l’humidité de sortir en créant rapidement des dégâts. Depuis, de nouvelles solutions alternatives sont apparues. Parallèlement, le développement durable a poussé les réflexions écologiques encore un peu plus loin, si bien qu’aujourd’hui l’enjeu n’est plus d’étaler les villages avec des lotissements, mais bien de faire du renouvellement urbain en conservant le patrimoine et en réhabilitant les vielles bâtisses. Les trois piliers de la construction ont dorénavant une dimension patrimoniale, technique et énergétique. Dans le Pays de Sarrebourg, dans ces contrées appuyées sur les contreforts des Vosges mosellanes, les légendaires colombages sont ainsi remis en avant. Cela dit, il existe d’autres potentiels à exploiter, comme le travail de la pierre avec des savoir-faire qui se perdent, mais aussi la menuiserie, les charpentes traditionnelles… En Lorraine, la maison bloc comprend l’habitation et la ferme sous le même toit avec un usoir semi-public servant à la fois au stockage du bois et du fumier et aux activités agricoles. L’usoir, véritable spécificité lorraine, tient en outre un rôle social, dans la mesure où l’on retrouve parfois un banc le long de la façade. La réhabilitation de tels bâtiments consiste à sauvegarder les particularités du patrimoine local, à savoir pierre taillée, pan de bois, murs anciens et autres cadrans de fenêtres, à garder les ouvertures qui existent, voire à en concevoir de nouvelles cohérentes et peu choquantes. Ainsi, d’une grange, il est possible d’imaginer des aménagements contemporains uniques, et si nécessaire, de réaliser une structure secondaire.

(Source : presse régionale) 

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