Lumières sur Sainte-Ruffine

Il y a fort longtemps, un évêque messin de retour de Rome s’arrêta dans une maison pour y déposer des reliques, celles de Rufina, chrétienne née d’une noble famille romaine, ainsi que de sa sœur Sécunda, toutes deux décapitées en raison de leur foi qu’elles refusèrent d’abjurer. C’est alors que fut créé le village de Sainte-Ruffine, à l’endroit même du dépôt de ces reliques. La présence romaine est également attestée par des éléments constitutifs en brique d’argile de thermes gallo-romains remontant au IIème siècle qui ont été découverts lors de fouilles archéologiques réalisées entre 1985 et 1987. Des vestiges d’une villa ont également été retrouvés. L’importance des restes d’époque romaine trouvés à Sainte-Ruffine amène à penser, selon certains historiens, que le bourg était un ancien ibliodurum, c’est-à-dire une étape sur la voie romaine qui menait de Trêves à Reims. En attendant de trancher définitivement cette question, l’histoire de Sainte-Ruffine, paisible village du Pays Messin, est indissociable de celle de la vigne. Ainsi, les plus anciens écrits évoquent les vignobles de la commune dès le XIIIème siècle. Le pressoir, niché au cœur du bourg, constitue un des rares vestiges de cette époque enivrante.

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Si l’église actuelle de Sainte-Ruffine ne fut inaugurée qu’en 1726, l’édifice remplaça cela dit une église médiévale qui menaçait de ruine. Derrière le bâtiment, on peut voir un décor quadrilobe avec une tête à l’intérieur. Les historiens pensent qu’il s’agit d’un réemploi de l’ancienne église qui remonterait au XIVème siècle. La chapelle de Sainte-Ruffine fut quand à elle élevée au XVIIème siècle sur un ancien socle mérovingien, probablement avec des pierres de l’ancienne église. La chapelle présente une belle voûte gothique et une statue médiévale représentant la Vierge. 
Parcourir la Grande Rue du village permet réellement au visiteur de remonter le temps. C’est là qu’il peut rencontrer des bâtisses d’un autre âge. C’est ainsi qu’il peut admirer au n°17 une fenêtre géminée du XVème siècle et un encadrement de porte de style gothique datant du XVIIème ou du XVIIIème siècle. De même, au numéro 19, se dresse une maison du XVIIème siècle avec des toits d’ardoise à la Mansard. Un peu plus loin se tient le château Buzelet. C’est le comte de Buzelet qui le fit bâtir en 1730. Il s’agissait de sa maison de campagne où il faisait son vin. De cette époque, il ne reste aujourd’hui dans la demeure que l’escalier intérieur en fer forgé. Resté dans son état d’origine jusqu’en 1939, le bâtiment fut ensuite occupé par un membre de l’Etat-major allemand qui y entreprit de grandes modifications. Passé le château, le visiteur peut découvrir au n°14 de la Grande Rue une ancienne maison de vigneron. On peut d’ailleurs y voir plusieurs meurtrières datant du Moyen-âge. Au numéro 8 de la rue des Vignerons se tient une maison avec des fenêtres du XVIIIème siècle et une ancienne tour. Au numéro 10, une autre maison se distingue par ses fenêtres géminées, par l’encadrement de sa porte surmonté d’une sculpture médiévale à demi effacée et par son fronton qui indique la date 1577. Les deux colombiers d’époque médiévale et la grange accolée à la demeure avec des fenêtres et un portail en arc de cercle laissent à penser qu’il s’agissait d’une résidence seigneuriale. 
Enfin, notons que la mairie et l’école primaire de Sainte-Ruffine sont installées depuis 5 ans dans un immense bâtiment qui appartenait jadis à un ancien bâtonnier du barreau de Metz. Les lieux datent de 1575. Le parc attenant, boisé, est des plus agréables. 
(Source : presse régionale) 

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