Par monts et par Vaux

Il fait bon flâner dans les ruelles typiques de ce village de vignerons du Pays Messin accroché sur les côtes de Moselle. Car en termes de terroir et de patrimoine, Vaux n’est pas à plaindre, bien au contraire ! Le chemin commence par arpenter les 12,5 hectares du vignoble du fameux château de Vaux. Après un impressionnant travail de remembrement, les vignes continuent de s’agrandir dans cette paisible localité de 900 âmes, notamment grâce à des replantations. Aujourd’hui, c’est une véritable équipe de 5 personnes qui veille à la production et à la commercialisation de ces vins de Moselle. Le château de Vaux s’est en outre donné pour ambition de passer prochainement à une culture biologique respectueuse de l’environnement. A noter qu’en plus de ce domaine, un autre vignoble existe sur le ban communal, celui du clos du Maurier.

vignoble Vaux

Vignoble et côtes de Moselle à Vaux (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Le visiteur pénètre ensuite dans l’ancienne enceinte médiévale du village, par l’une des portes des fortifications. Les historiens affirment que ces dernières étaient continues et percées de 5 portes, connues sont les noms de la Noue, du Champé, de la Taye, du Pâquis et de Metz. Les deux premières sont encore debout, tandis que des vestiges de la porte de la Taye permettent encore aux curieux de la situer. Comme de nombreux villages du Pays Messin, Vaux possède de beaux lavoirs, mais aussi et surtout, une admirable église fortifiée du XIIIème siècle. L’église Saint-Rémi possède un magnifique clocher tour ainsi qu’un vitrail commémorant la victoire de Clovis sur les Alamans à Tolbiac. De même, de riches et belles anciennes demeures donnent un cachet indéniable à Vaux. Au-dessus de certaines portes de ces maisons qui datent du XVIème siècle, il n’est pas rare de pouvoir lire des sentences philosophiques ou religieuses. Enfin, le village possède une distillerie publique, dont l’alambic et les autres appareillages remontent au XIXème siècle. Les gens n’hésitent pas à venir parfois de loin pour y faire leurs délicieux nectars. Mirabelles, quetsches ou prunes, à vous de choisir ! La saveur de l’ancien temps, les traditions et l’histoire se sont véritablement arrêtées dans ce charmant village …

2 réflexions au sujet de “Par monts et par Vaux”

  1. Dix hectares de friches militaires se trouvent sur les bancs communaux d’Ars-sur-Moselle et de Vaux. Après avoir servi de base de stockage de matériels des hôpitaux de campagne, ces terrains sont à l’abandon depuis juin 2011. Parmi les 24 hangars désaffectés, six pourraient être conservés en l’état pour accueillir des artisans. A 25 mètres de la Moselle et orientés plein Sud, certains offrent en effet un potentiel intéressant pour créer une nouvelle activité agricole porteuse d’avenir et d’emplois. Les terrains pourraient également accueillir des serres industrielles et un maraîcher pourrait s’installer.

  2. Accroché au Côtes de Moselle, le village de Vaux, en Pays Messin, est en train de retrouver son paysage viticole d’avant 1914. Marie-Geneviève et Norbert Molozay, propriétaire du Château de Vaux, l’un des plus importants exploitants de la commune, commencent en effet à remettre en culture un très beau coteau plein Sud. 47 ares ont été plantés en 2006 et 50 ares en 2007. Le couple a mis dix ans à acquérir la parcelle mitoyenne actuellement en cours de défrichage. Elle sera plantée d’ici quelques années dans le même cépage que ses voisines, à savoir le pinot gris. Cette parcelle est l’un des fleurons de l’exploitation. Le cépage pinot gris est le plus structuré des cépages de l’AOC Moselle. Sur ce terroir de calcaires ferrugineux, il produit des vins puissants, à l’image de la cuvée Pylae, élevée en fûts de chêne de Moselle qui font l’objet d’une sélection particulière.
    Cette reconquête du coteau viticole devrait remettre au goût du jour les anciennes cartes postales, celles d’avant la Première Guerre mondiale. En 1802, 62 hectares de vignes étaient cultivés sur le ban communal par 24 exploitants. Entre 1918 et 1919, le vignoble de Vaux n’atteignait plus qu’un cinquième de sa superficie du début du siècle dernier. Le phylloxéra, la concurrence des vins du Midi et l’interdiction d’exporter en Allemagne expliquent cet incroyable déclin.
    Avec la reconquête de cette friche, les vignobles des différents exploitants commencent désormais à se rejoindre. Le défrichage a d’ores et déjà permis de dégager la perspective sur la Tour du Diable. Celle-ci constituait une sorte de gloriette, avec une vue imprenable sur le village et la vallée de la Moselle, qui permettait autrefois au propriétaire de surveiller ses ouvriers viticoles. On raconte que ce fameux propriétaire pouvait rejoindre l’objet de ses passions en toute discrétion depuis sa maison de maître située en contrebas via un passage souterrain. Certains historiens parlent plutôt d’un tunnel pour sortir du fortin que constituait l’enceinte autour du château et de l’église du village.

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