Pluie de confettis sur le Carnaval de Sarreguemines 2010

L’Inde est cette année au menu du Carnaval de Sarreguemines qui débute le dimanche 24 janvier avec les Kappensitzungen* des seniors. Grande Cavalcade, Balla-Balla et bal des enfants rythmeront entre autres le temps du déguisement et de la dérision orchestré par la Société carnavalesque de la cité des faïences, qui réserve quelques surprises aux nombreux visiteurs et spectateurs.

Le rituel commencera comme chaque année par la remise officielle des clés de la ville par le maire au prince et à la princesse du Carnaval. La fin de l’hiver est en effet plus ou moins proche et le temps des réjouissances est venu. Les Kappensitzungen pourront alors débuter, enchaînant les numéros. Cette année, de nouveaux Footzers* viendront distiller leurs histoires en compagnie des anciens, en Lothringer Platt pour certains. Le Carnaval prend en effet une certaine saveur dès que les gens parlent cette langue. Une autre ambiance. Les spectateurs n’auront en tout cas aucun mal à comprendre le spectacle visuel des Tanzmariechen* et des Tanzgarde*. Deux groupes ont été programmés pour l’occasion, les Narrenzumpft Schmalzoch Horden et le TSV Wiesenthal Dettenheim de Mannheim, champions d’Allemagne en titre de Tanzgarde. De même, des sketchs et autres saynètes des membres de la société seront présentés par des hôtesses complètement rhabillées pour cette fin d’hiver. Enfin, les Guggamusig* apporteront aux Kappensitzungen de la frénésie musicale avec l’ensemble Ammekracher Däredingen de Solothurn en Suisse. Un Schungler* lancé de la scène vers la salle sous une pluie de confettis marquera l’apothéose de la cérémonie ! N’oublions non plus que la grande cavalcade du 7 février s’annonce également grandiose avec la participation cette année de Gilles venus de Belgique. A noter que le Balla-Balla se tiendra les 13 et 16 février à l’hôtel de ville de Sarreguemines. Le prince du Carnaval sera quant à lui condamné le 17 février.

Lexique 

Kappensitzung : revue carnavalesque où s’enchaîne différents numéros de danse, de sketchs, de saynètes et de musique

Tanzgarde : garde dansante composée de jeunes filles portant un tricorne et qui dansent de manière très acrobatique 

Tanzmarieche : soliste danseur qui présente un numéro spécial

Footzers : raconteurs d’histoires installés dans un tonneau qui distillent des blagues piquantes 

Schungler : bras dessus, bras dessous, marée humaine se balançant de gauche à droite

Guggamusig : ensemble musical très festif 

Voir les vidéos sur le Carnaval en Lorraine sur BLE Web TV.

3 réflexions au sujet de “Pluie de confettis sur le Carnaval de Sarreguemines 2010”

  1. Le Carnaval de Sarreguemines remonte au moins au XVIème siècle. Il existe en effet un écrit de 1590 dans lequel le seigneur de Sarreguemines fait état de dépenses pour des harengs et du pain pour un Umzug, autrement dit un cortège. Au cours de ce dernier, il était de coutume de d’enfiler des peaux de bête et de mettre des masques en bois.
    Quelques siècles plus tard, le déguisement est toujours de rigueur, quoique plus fantaisiste. C’est ce qui reste du carnaval de 1590. Se déguiser, c’est se moquer de soi-même et renverser l’ordre social pendant une semaine de festivités marquées du sceau de la tradition et du Lothringer Platt. Après la Weiberfasnacht, soirée dédiée aux femmes, les bals s’enchaînent jusqu’au mercredi des Cendres, en passant par le Rosenmontag et le Mardi gras. La saison de Carnaval démarre officiellement le 11 novembre à 11h11 pour s’achever le mercredi des Cendres.
    Dans les années 1950 et jusqu’au début des années 1990, les Balla Balla battaient leur plein. Il faut dire que la configuration de l’hôtel de ville, où se déroulaient les soirées, s’y prêtait à merveille. Il y avait quatre orchestres dans quatre salles, avec quatre ambiances différentes. Tout était permis. Les bars de la cité des faïences étaient aussi le théâtre des festivités. Dans chaque bistrot, il y avait un ou deux musiciens dans un coin.
    Si la fête dans les cafés n’est plus trop d’actualité aujourd’hui, si l’hôtel de ville a depuis été réaménagé et se prête moins aux ambiances délurées et si le nombre de bals est passé de quatre à deux, la tradition de Carnaval demeure encore fortement ancrée sur les rives de la Sarre.

  2. Le Carnaval de Sarreguemines est généralement composé d’une soixantaine de groupes, avec une bonne vingtaine de formations locales de Creutzwald à Bitche, en passant par Hombourg-Haut et Puttelange-aux-Lacs. Près de 1 500 personnes ont participé cette année à la traditionnelle cavalcade, accompagnées d’une vingtaine de chars, de Guggamusik et de groupes masqués venus de Suisse, du Liechtenstein et d’Allemagne. Auparavant, trois groupes ont animé le centre-ville pour attirer l’attention des curieux et annoncer l’événement dominical. Cinq autres se sont ensuite placés près des bars après le défilé pour que les visiteurs restent un peu plus longtemps en ville.

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