Euro 2016 : Nancy qui rit, Metz qui pleure

La cité ducale a été sélectionnée parmi les 12 villes susceptibles d’accueillir des matchs de l’Euro 2016 de football, si ce dernier venait à être organisé en France. Metz a de son côté été éliminé. Rappelons que 14 villes étaient encore en lice. La désignation des 9 villes organisatrices et des 3 suppléantes se fera au plus tard le 15 février 2010. 

Metz n’était pas dans le coup pour la Coupe du monde, il ne le sera malheureusement pas non plus pour l’Euro. Les raisons de ce nouvel échec avaient même été esquissées avant le verdict final. Nancy avait été plus fort dans la bataille de la communication. En effet, Jacques Rousselot, Bernard Désumer et André Rossinot étaient apparus unis au moment de porter leur projet. L’ombre d’un certain Michel Platini, président de l’UEFA, planait également au-dessus du stade Marcel Picot. Quoi qu’il en soit, bravo Nancy, car la Lorraine reste dans la compétition ! A Metz, il est à présent l’heure de régler les comptes. 

Il faut dire c’était déjà plus compliqué dès le départ sur les bords de la Moselle, dans la mesure où il ne s’est jamais vraiment dégagé une réelle osmose autour de cette candidature, ni même une envie commune de voir la ville de Metz choisie pour l’Euro. La municipalité a en effet longtemps ignoré le FC Metz avant une soudaine mais trop tardive prise de conscience. Du grand art digne d’un parfait exercice de démagogie destiné à faire croire aux habitants une quelconque action engagée et surtout de se prémunir en avance de toute colère. De même, le conseil général de la Moselle avait assuré son soutien avec toutefois quelques réserves. Enfin, le FC Metz a souvent observé ces quelques gesticulations d’un peu trop loin. Même si le stade Saint-Symphorien sera bel et bien rénové, la première ville de Lorraine n’a pas été retenue. Le constat, lucide et implacable, est là. 

Il se dit dans les couloirs de la Fédération Française de Football (FFF), qu’il fallait faire un choix entre Metz et Nancy, dans la mesure où Strasbourg, capitale européenne, était pratiquement assuré d’être retenu. Oui mais alors pourquoi pas Metz et Nancy ? Parce que Strasbourg ? La candidature alsacienne, qui prévoit une coûteuse rénovation du stade actuel de La Meinau et non plus la construction aussi utopiste que disproportionnée d’un Eurostaduim, faute de financement suffisant, n’avait alors pas plus de légitimité que celle des deux métropoles lorraines. Elle avait même beaucoup moins de crédibilité. Pourtant, à en croire les propos du président de la FFF, le critère géographique n’a pas été considéré pour établir la sélection. Le même homme a cependant regretté l’absence de villes de l’Ouest. Il faudrait donc savoir, car dans tous les cas, il était inconcevable pour la fédération d’avoir trois villes de l’Est de la France dans la liste des 12 retenues. Néanmoins, il paraît tout-à-fait normal pour cette même entité d’avoir des villes aussi proches que Lens et Lille et que Lyon et Saint-Etienne. Absurde. C’est vraiment n’importe quoi. Car à vrai dire, si Metz avait été la capitale de la Bretagne, la ville aurait sans aucun doute été sélectionnée. Cherchez donc l’erreur ! 

Toujours-est-il que la rénovation du stade Saint-Symphorien aura tout de même lieu. Qui plus est à un coût largement moindre mais avec une qualité similaire que nombres de projets candidats. Les Messins avaient ainsi misé sur la faisabilité technique et le réalisme économique pour défendre leur cause et non sur une ambition démesurée. Car en attendant, des villes comme Bordeaux, Lille et Toulouse sont dépendantes des crédits accordés par l’Etat français pour construire ou rénover leur stade. Malheureusement, l’argument développé par le club à la croix de Lorraine n’a pas encore paru assez solide pour concurrencer l’attractivité de ces nouveaux stades ou de ces rénovations de plus grande envergure qu’il reste à inventer. 

La France a maintenant jusqu’au 15 février pour désigner les neuf villes titulaires de son dossier et les trois stades de réserve. Comme nous le disions plus haut, certaines villes, qui vivent au-dessus de leurs moyens, ont conditionné le maintien de leur candidature au montant de l’aide de Paris. Ainsi, Bordeaux a le toupet de revendiquer 50 millions d’euros, Lille 45 millions d’euros et Toulouse environ 10 à 11 millions d’euros. Des procédés déloyaux aussi lamentables que scandaleux. Bonne chance maintenant pour trouver l’argent et maintenir votre candidature. Parallèlement, l’AS Nancy Lorraine, elle, financera son stade avec ces propres deniers en réalisant un bail emphytéotique. Heureusement que certains ont les moyens de leur ambition. Bravo, c’est rare de nos jours, preuve que le club est solide. Alors que l’UEFA annoncera le nom de l’organisateur de l’Euro 2016 le 28 mai 2010, de tels désistements rendraient tout simplement ridicule et hilarant la candidature de la France. On n’en est pas encore là. Toujours est-il que le permis de construire pour le stade Saint-Symphorien de Metz sera bientôt délivré pour un équipement opérationnel fin 2012. Rigolera bien qui rigolera le dernier !

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