C’était hier en Lorraine : la bataille de la Moselle

Retournons entre le 8 et le 10 septembre 1944 à Dornot et Corny-sur-Moselle, où s’est déroulée une véritable tragédie de guerre, dont on a fêté cette année la 65ème année anniversaire. 
Alors que le 1er septembre, la IIIème armée américaine commandée par le général Patton est pratiquement  immobilisée en Lorraine, en raison d’un problème de ravitaillement, autour et dans Metz c’est l’effervescence et le désordre. Si le manque de carburant est résolu le 4 septembre, les forces allemandes ont profité de cette incroyable panne américaine pour se réorganiser et s’opposer à l’avancée de Patton. Ce dernier a prévu de traverser la Moselle à son endroit le moins large, autrement dit à Dornot. Le 7 septembre, une multitude de véhicules, dont de nombreux blindés de la 7ème Armored US, encombrent les rues de village des côtés de Moselle. Le reste des forces terrestres tentent de s’enfiler à travers ce véritable enchevêtrement dans la rue principale. L’extrême urgence de la situation pousse les Américains à traverser le fleuve le lendemain, sans préparation suffisante. Le flou artistique des ordres de l’Etat-major n’arrangera rien à la situation. Les troupes ont pour mission d’enjamber les voies de chemins de fer, de traverser la Moselle en bateau, de contourner l’étang et d’atteindre le sommet des deux collines faisant face à Dornot, qui abritent deux fortins allemands bien camouflés, à savoir les ouvrages de Saint-Blaise et du Sommy. 

Au prix de lourdes pertes, plusieurs compagnies parviennent à atteindre la rive droite de la Moselle et quelques GIs prennent même possession du bois du Fer à Cheval. Mais la situation se complique très sérieusement au pied du fort Saint-Blaise, au moment où les Américains doivent se replier alors que les Allemands contre-attaquent. Cette offensive allemande marqua alors le début de la dramatique histoire de la tête de pont de Dornot. Les Américains passèrent une bonne soixantaine d’heures dans le bois, subissant, terrés, un bombardement intense et interrompu, tentant de repousser d’incessantes vagues d’assaut lancées en particulier par des éléments de 17ème SS Panzer Grenadier. Durant ces trois jours, le second bataillon du 11ème Régiment d’infanterie US est sacrifié sur la rive droite, dans la mesure où il devait tenir coûte que coûte la tête de pont, afin de détourner l’attention des Allemands. En effet, le 10 septembre, un nouveau franchissement est en passe de réussir plus au Sud au niveau d’Arnaville. Le 11 septembre 1944, le 2nd bataillon du 11ème Régiment d’infanterie US a virtuellement cessé d’exister. Seuls quelques survivants ont pu par la suite témoigner de son héroïque épopée et de la violence des combats. C’est le cas de Kelley B. Lemmon, aujourd’hui âgé de 97 ans, qui était lieutenant-colonel lorsqu’il commandait le 2nd bataillon à Dornot et qui est dernièrement retourné en Moselle pour planter un « arbre de la liberté » aux jardins fruitiers de Laquenexy. Tout un symbole. 
L’échec de la tête du pont et la bataille du bois du Fer à Cheval ont fait près de 1 000 morts côté américain, autant d’hommes qui ont été sacrifiés afin que d’autres puissent traverser la Moselle au niveau d’Arnaville. L’année prochaine, un sentier de la mémoire sera inauguré entre Dornot et Corny-sur-Moselle par l’association Thanks GIs. Cette dernière a également pour projet d’implanter une grande statue commémorative à proximité de l’étang, ainsi que de construire, si les finances le permettent, un musée consacré à la Bataille de la Moselle. Cette dernière a commencé ici en septembre 1944 avant de s’achever en mars 1945 du côté de Bitche. Même la Bataille de Normandie a été plus courte…   
(Source : presse régionale) 

1 réflexion au sujet de “C’était hier en Lorraine : la bataille de la Moselle”

  1. En septembre 1944, 400 hommes ont perdu la vie à Sillegny, Coin-sur-Seille et Pournoy-la-Chétive au cours de la Bataille de la Seille. Celle-ci a opposé les Américains aux Panzers allemands. La plupart appartenaient à la septième Division Blindée US, surnommée la Lucky Seventh. Les combats furent tellement rudes que la 7ème DB du battre en retraite et laisser derrière elle 12 disparus.

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