Grand Fare et les autres : autant de projets qui capotent ?

Ce devait être LE grand projet commercial de Moselle-Est avec à la clé 900 emplois, mais Grand Fare pourrait très bien ne plus voir le jour en Lorraine. La faute à quelques associations de commerçants du coin qui préfèrent sauvegarder leur propre intérêt plutôt que de défendre celui de la Lorraine et des Lorrains, ainsi qu’à la Commission Nationale d’Aménagement Commercial (CNAC). 

En effet, le promoteur, à savoir la société Codic, doute de plus en plus de la perspective de voir le projet rester en Lorraine, au moment où les Allemands lui font les yeux doux pour installer cet équipement commercial du côté de Zweibrücken, à une bonne soixantaine de kilomètres de Forbach. Voilà ce qui arrive à force de jouer aux cons ! Nous trouvons une telle démarche stupide et tout bonnement inadmissible. La Lorraine, et plus particulièrement la Moselle-est, ne peuvent ABSOLUMENT PAS se passer de la réalisation de telles infrastructures porteuses d’autant emplois en pleine crise économique ! Nous demandons ainsi solennellement aux associations de commerçants des environs de cesser immédiatement leurs conneries ! 

Pour les dirigeants de Codic, le problème dans notre province, au-delà des difficultés récurrentes de gouvernance, c’est que « tous les matins les Lorrains s’habituent à leur misère, sortent un mouchoir en papier quand ils perdent 50 emplois ». Et le moins que l’on puisse dire sur ce coup-là, c’est qu’ils ont raison. Ce sentiment de sinistrose perpétuelle, cette impression de déposer les armes devant le moindre obstacle et ce pessimisme ambiant commencent réellement à suffire ! Alors retroussons-nous les manches une fois pour toutes et allons de l’avant à présent ! Car Codic n’a pas l’intention de pousser l’affaire plus loin si la possibilité est aussi réelle que séduisante en Allemagne. Cette alternative dramatique est d’ailleurs prise très au sérieux par le maire de Farébersviller, complètement outré par l’immobilisme autour du dossier. La solution serait de sortir, dans un délai plus court, un projet rectifié. Mais une telle option s’avérerait coûteuse, entre 800 000 euros et 1 million d’euros, avec encore le risque que le dossier se fasse une nouvelle fois recaler par la maudite commission parisienne. Pour le président du conseil général de la Moselle, Grand Fare a été fortement secoué par des obstacles qui ont été sous-estimés en phase d’avant projet. Il aurait ainsi fallu beaucoup plus « déminer » le terrain, notamment en direction des associations de commerçants, qui avaient besoin d’être rassurées en voyant tous les avantages qu’elles pourraient tirer d’une telle implantation. Nous aurions pu croire que la leçon avait bien été retenue avec cet abominable dérapage. Eh bien non ! Bis repetita, on prend les mêmes et on recommence avec le parc d’activité florale de Schorbach et Belval. Incroyable. La faute aussi à certains journalistes mal avisés à la recherche constante de « sensationnel » pour leur une, alors que pour ce genre de dossier la discrétion doit être de rigueur ! En effet, il s’agit de sociétés et de chefs d’entreprises qui n’ont pas forcément envie que la presse livre des détails sur leurs projets et leurs incertitudes. Autant de signaux et d’informations envoyés à la concurrence ! 

Revenons pour conclure aux deux derniers grands projets que nous venons de citer et qui semblent maintenant mal embarqués. En ce qui concerne le projet de parc d’activité florale de Schorbach, aux dernières nouvelles, les promoteurs devaient encore mieux formaliser leurs plans. Pour ce qui est de Belval, le dossier a été complètement paralysé par l’indispensable construction d’une route, vitale pour le développement de la zone et dont les travaux ont été longtemps bloqués, parce qu’une association voulait préserver une ancienne voie de chemin de fer désaffectée ! Cela s’est finalement terminé au conseil d’Etat et a coûté deux ans ! De même, les problèmes de gouvernance ont également figé le projet, car si tout le monde veut en tirer le bénéfice, personne ne veut se mouiller et apporter de l’argent ! 

Tout le mal que nous pouvons souhaiter à ces différents projets structurants, c’est de connaître le même sort que Center Parcs, dont le traitement et la réalisation ont finalement abouti au bout de 6 ans. Entre problèmes techniques, opposition des écologistes,… nombreux sont les écueils à éviter. D’où l’intérêt d’une excellente préparation et d’une analyse détaillée avant de porter le projet.

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