L’exorcisme : entre fantasme et réalité

De nos jours, trois prêtres exorcistes officient en Lorraine sous l’autorité de leurs évêchés. Ils se veulent des oreilles attentives à la détresse humaine et préfèrent la thèse de l’âme égarée à celle de l’esprit possédé. 
Si la consultation est gratuite, le seuil de la porte est néanmoins difficile à franchir, et surtout bien contrôlé. Ainsi, si vous voulez un jour rencontrer un prêtre exorciste, vous devrez emprunter le « circuit officiel » et passer d’abord par le filtre de l’évêché. En effet, l’Eglise prône la plus grande discrétion autour de ses activités d’exorcisme. Ici, pas de coup de projecteur qui pourrait alimenter nombre de fantasmes. Mais peut-être est-ce également cette atmosphère de secret et de mystère qui en serait la source. Toujours est-il que la réalité de l’exorcisme en Lorraine est bien moins spectaculaire, encore moins hollywoodienne. Cette réalité, c’est celle de prêtres calmes, tempérés et paisibles aux bureaux simples et dégagés de tout matériel et autres outillages dignes des décors de cinéma. Ils ont été désignés par leur évêque pour leur disponibilité et leur discernement. Ils ont par ailleurs suivi une formation auprès du Bureau national des exorcistes, à Paris. 

Trois prêtres exorcistes exercent ainsi dans notre belle province dans les diocèses de Saint-Dié-des-Vosges, Nancy et, conjointement, Metz et Verdun. Ils reçoivent des gens sans distinction de sexe, de religion ou de catégorie sociale.  De manière générale, la fréquence des sollicitations varie en fonction de la taille du diocèse. Dans les Vosges, par exemple, le prêtre exorciste a recensé une cinquantaine  de rendez-vous en 2007, année de son entrée en fonction. Son homologue messin, qui couvre un territoire plus vaste puisqu’incluant également Verdun, aurait une centaine d’appels téléphoniques par semaine, certains répétitifs toutefois. Tandis que, l’abbé nancéien effectue un entretien tous les quinze jours environ. Mais, loin des personnes vraiment possédées, ces prêtres reçoivent avant tout des gens qui traversent des épreuves douloureuses, qui accumulent les échecs dans les domaines du travail, de l’affectif ou de la famille. D’autres, certainement marqués par une sorte de superstition, pensent qu’un esprit mauvais tourne autour d’eux. Ils se fourvoient alors dans de fausses idées, une certaine littérature ésotérique. Alors que l’exorcisme, lorsqu’il est nécessaire, est avant tout un temps de prière accompagné d’une bénédiction. Les cas de possession sont a priori rares et sont souvent sujets à caution, en tout cas pas franchement étalés sur la place publique, c’est le moins que l’on puisse dire.  Ainsi, les prêtres rencontrent parfois des personnes qui  refusent le dialogue de manière inexpliquée et deviennent violentes et agressives. Plus ou moins officiellement, il y aurait deux ou trois cas de possession par an en France selon certains. La personne « possédée » ne veut pas entendre la parole de l’Evangile, il y a des cris, des insultes, mais il ne faut pas aller chercher des choses extraordinaires. Les esprits mauvais ne sont pas toujours le fait du diable. Amen. 

5 réflexions au sujet de “L’exorcisme : entre fantasme et réalité”

Laisser un commentaire