La tentation des déchets radioactifs se dissipe peu à peu

Baronville, paisible village de 300 habitants situé à la limite du Pays du Saulnois, était la seule commune de Moselle à avoir accepté une étude préalable au sujet de l’accueil d’un site d’enfouissement de déchets radioactifs à faible activité à vie longue (FAVL). Etait car aujourd’hui la commune, candidate sérieuse hier, a finalement renoncé à ce projet. Heureusement. Le maire a enfin entendu la fronde populaire qui montait de plus en plus. Sage décision, la Lorraine n’a pas vocation à devenir la décharge nucléaire de la France. En effet, au fil des semaines, agriculteurs, défenseurs de l’environnement, habitants de Baronville et de la ville voisine de Morhange avaient vivement contesté cette décision, certains n’hésitant pas à planter des panneaux sur leur façade, voire à quelques dizaines de mètres de la mairie… Une pétition a également circulé. Aux dernières nouvelles, elle comptait près de 300 signatures. Un revirement qui ne sied absolument pas à l’ANDRA. On imagine pourquoi. Mais qu’importe
Rappelons que 37 communes de l’Est de la France ont répondu de manière positive au pacte de l’ANDRA. Moins de 10 se situent en Lorraine. Cela dit, il faudra au moins deux ans d’investigations pour vérifier la faisabilité d’un projet. « Seules » deux ou trois communes candidates seront désignées au final pour recevoir les futurs centres d’enfouissement. Toujours est-il qu’au cas où un dossier lorrain serait sélectionné, cela risquerait de mettre à mal les bonnes relations transfrontalières. En effet, la Sarre n’acceptera pas une densification des activités radioactives dans le secteur frontalier qui a déjà de son point de vue suffisamment assumé ses responsabilités avec des sites comme la centrale nucléaire de Cattenom et le laboratoire de recherche de Bure. Cela dit, la Sarre aurait-elle son mot à dire dans cette histoire ? Ceci est une autre question. 

Mais Baronville n’était pas la seule commune concernée en Lorraine. La situation semble également s’améliorer dans le Nord meusien où, après avoir dans un premier temps accepté l’idée d’accueillir sur leur ban des déchets faiblement radioactifs, deux villages viennent de revenir sur leur décision, par 10 voix sur 11 à Rouvrois-sur-Othain et par 6 voix sur 9 à Billy-lès-Mangiennes. Il reste néanmoins encore 3 communes meusiennes candidates à une décharge souterraine, à savoir Gondrecourt-le-Château, Montigny-lès-Vaucouleurs et Chassey-Baupré. 

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