Nancy ou les vraies valeurs du football

L’entraîneur de Nancy Pablo Correa a confirmé que son président avait refusé sa démission après la défaite du club à Sochaux mais assure qu’il a encore des solutions pour sauver l’équipe, située aux portes de la relégation. « J’ai dit à mon président que si la solution passait par avoir une autre personne en charge, il avait la liberté économique de le faire. Moi, ce qui me tient à Nancy, ce n’est pas un contrat, c’est beaucoup plus », a expliqué Pablo Correa. Selon plusieurs proches de la direction du club, l’entraîneur a proposé sa démission samedi soir dans le vestiaire nancéien du stade Bonal. Le technicien, en place depuis novembre 2002, a encore trois ans et demi de contrat avec l’AS Nancy-Lorraine et a donc pensé renoncer à sa fonction et à toute indemnité si les dirigeants estimaient qu’il s’agissait de la seule solution de sortir le club de la mauvaise passe actuelle. « J’ai voulu libérer le président d’une certaine charge mais pas me défaire de mes responsabilités », avait ainsi déclaré l’ancien attaquant nancéien. Le président Jacques Rousselot aurait ensuite tenu un discours calme mais déterminé pour tenter de mobiliser ses troupes en vue de l’unique objectif du club en fin de saison : le maintien. Muet ces dernières semaines, le président nancéien s’est spontanément présenté en salle de presse pour soutenir Pablo Correa et ses joueurs après une nouvelle déconvenue contre l’AS Monaco FC. Jacques Rousselot a ainsi décrété la mobilisation générale. « Il faut sauver le soldat ASNL », a-t-il déclaré solennellement.
Inquiet mais pas abattu, le principal décideur nancéien a une fois de plus réaffirmé qu’il maintenait toute sa confiance à Pablo Correa. «Non seulement Pablo restera entraîneur jusqu’à la fin de la saison, mais plus encore. Pablo avait donné sa démission par grandeur. Il m’a dit qu’il pouvait partir comme il était venu, et s’asseoir sur ses trois ans de contrat. Avec lui, nous avons vécu sept années fantastiques. Cette saison, c’est un peu plus difficile. Et si on doit mourir, on mourra ensemble ! Moi, j’ai encore plein de projets en tête pour se club, et j’ai envie de continuer sauf si ma santé m’en empêche. Le maintien, j’y crois. Le vent va tourner, et les garçons ne vont pas lâcher, croyez-moi.»
Jacques Rousselot a déclaré sa flamme à un entraîneur qu’il soutient comme jamais. Le public de Marcel-Picot n’a pas réclamé la démission de Pablo Correa.  D’ici là, les joueurs de l’AS Nancy-Lorraine vont bénéficier d’une trêve internationale de plus de dix jours. Jacques Rousselot n’écarte pas cependant l’hypothèse d’organiser un stage loin de Nancy pour permettre à l’effectif de se régénérer. «On va en discuter avec Pablo, qui prendra la décision finale. Ce serait peut-être bien de les envoyer dans un endroit sympa pour se ressourcer, à part ceux qui vont partir en sélection. Cela pourrait faire du bien, car on a mal à la tête et mal au cœur…». Comme quoi, il existe encore certaines valeurs dans quelques clubs de football. 
(Source : L’Equipe) 

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