Les Vosges : l’autre destination

En matière de préjugés franco-franciliens, les Vosges, via la Lorraine, ne font pas figurent d’exception. Et ce n’est pas l’arrivée du TGV Est qui a fait changer les choses. Les Romains n’osaient déjà pas s’aventurer par peur et par superstition dans les profondes forêts vosgiennes.  Mais, pour de nombreux Français et Parisiens en particulier, les Vosges restent cet obscur massif forestier au relief doux, rendant donc la pratique du ski impossible d’autant plus que l’absence de neige n’y faciliterait pas la chose. Pourtant les Vosges regorgent de merveilles aussi surprenantes les unes que les autres : patrimoine architecturale et historique remarquable, nature aussi généreuse qu’exceptionnelle pour rester bref. Mais avant de développer plus en détail ces quelques points, mettons nous d’accord une fois pour toute. Quand il s’agit de devoir venir travailler en Lorraine, certains agents d’établissements franciliens se reconnaîtront  certainement, notre province, c’est la Sibérie. Par quel miracle, cette même Lorraine auquel on attribut excessivement bien sûr toutes les contraintes climatiques d’une contrée septentrionale, se transformerait soudain en île tropicale au moment de l’hiver ! Alors oui, il neige bien dans les Vosges. Alors non l’enneigement, surtout dans nos montagnes n’occasionne pas des descentes jusqu’à moins 80°Celsius au thermomètre. Rien de mieux qu’une petite démonstration pour en convaincre les plus septiques.


Le tourisme dans les Vosges est souvent qualifié de familial en raison des activités conviviales et praticables dans le département, à savoir ballades et randonnées, à pieds, à vélo ou à cheval. Les Vosges sont en effet le troisième département le plus boisé de France. Le tourisme y est également fortement présent dans les Hautes-Vosges durant la saison hivernale grâce aux différents domaines skiables. La plaine joue, quant à elle, notamment la carte du tourisme thermal rendu célèbre par la renommée de ses eaux minérales, comme Vittel et Contrexéville.

Il existe quatre principaux domaines skiables dans les Vosges. Les plus grandes stations sont Gérardmer, la Bresse-Hohneck, la Schlucht, Saint-Maurice-sur-Moselle et Ventron. Il est de plus (et évidemment) possible de pratiquer sur les pentes vosgiennes le ski alpin, le snowboard ou encore le ski de fond. C’est sûr que l’ambiance n’est pas la même que dans les usines à touristes des Alpes où nos chers Parisiens à la recherche de stations aussi huppées que frivoles s’y entassent. Ici, en Lorraine, dans les Vosges, on retrouve et on goutte avec plaisir la simplicité ainsi que le véritable esprit montagnard. Comme quoi toute la saveur de l’authenticité, partagée autour d’un bon vieux munster géromé, d’une andouillette du Val-d’Ajol, d’une traditionnelle salade vosgienne, d’un miel de sapin ou d’une tarte de myrtille, n’est pas à chercher bien loin. Les portes de l’évasion sont tout près de chez vous: ski, parapente, … C’est sur message notamment que la ville de Saint-Dié-des-Vosges axa sa campagne marketing dans les stations de métro-parisiennes en mettant à la lumière du jour, sous les yeux circonspects et ébahis des passants qui prenaient le temps d’y poser l’espace d’un instant leur regard, le fait que les Vosges constituent la montagne la plus proche de Paris. Rappelons que la ville est classée depuis 1998 « station touristique » avec notamment sa cathédrale, son cloître et sa célèbre tour de la liberté. Marraine de l’Amérique, elle est aussi la capitale mondiale de la géographie en accueillant chaque année le festival internationale de géographie. 

Saint-Dié, cas isolé ? En effet, car tout le potentiel touristique vosgien n’est encore que bien trop peu exploité par le département. Pourtant nombre de richesses s’y cachent, à commencer par le site archéologique de Grand avec son amphithéâtre restauré de 17 000 places, comptant parmi les dix plus vastes du monde romain, ainsi que sa mosaïque de 224 mètres carrés (la plus grande d’Europe), ou encore la maison natale de Jeanne d’Arc et la basilique du Bois-Chenu à  Domrémy-la-Pucelle. Et que dire de la forteresse de Châtel-sur-Moselle (le plus grand château-fort d’Europe), du fameux théâtre du Peuple à Bussang et du musée des célèbres images d’Epinal ?

Mais ce qui fait également la réputation des Vosges, ce sont ces stations thermales : Bains-les-Bains, Contrexéville, Plombières-les-Bains et Vittel. Par ailleurs, une cinquième cherche à renaître à Bussang dans les Hautes-Vosges. Et pour les amateurs du septième art, à noter que se déroule chaque année à Gérardmer le festival du film fantastique attirant toujours une panoplie de stars comme le faisait son prédécesseur …  Avoriaz. Comme quoi, la tendance semble s’inverser !

A travers ce panorama des richesses vosgiennes, nous ne visons  pas, bien sûr, l’exhaustivité. Mais les Vosges valent bien ce coup de projecteur et cette mise au clair ! Au conseil général d’en tirer maintenant, et une bonne fois pour toute, profit.

6 réflexions au sujet de “Les Vosges : l’autre destination”

  1. Avec ce paradoxe que je vois comme insolvable entre promotion de coins tranquilles et agréables pour un tourisme familial, mais que trop de promo font passer dans la catégorie de sites touristiques surfréquentés, dénués d’intérêt car « frivoles et huppés ». Si l’on veut conserver aux Vosges cet attrait mystérieux, cette valeur écologique grandiose, cette (relative) tranquillité, on ne peut souhaiter que trop de gens y viennent…. cf. les difficultés éprouvées par la fréquentation touristique d’un parc naturel comme la Vanoise, fréquentation qui dégrade les raisons mêmes de ce tourisme.
    J’avoue ne pas savoir comment trouver l’équilibre. Mais je pense que la question mérite d’être posée.
    (c’est le même paradoxe qui court entre préservation et présentation d’oeuvres d’art délicates ou fragiles…)

  2. J’ai bien reçu votre message sur la ville de Saint-Die-Des Vosges. J’ai porté un lien de votre blog sur mon blog  » Amour, beauté, désir « .
    J’ai encore quelques idées d’écriture sur les Vosges et la Lorraine…
    Par ailleurs j’ai beaucoup apprécié cet article sur les Vosges. Je vais continuer ma lecture…
    salutations.
    Chantal Flury.

  3. 180 mineurs travaillaient aux Hautes-Mynes du Thillot, dans les Vosges. Ces mines ont été exploitées par les Ducs de Lorraine pendant près de deux siècles. Avec du cuivre, ils pouvaient fabriquer de la monnaie et des canons. Entre le XVIème et le XVIIIème siècle, les Vosges ont compté près de mille sites miniers.

  4. Sites miniers discrets mais pas tous oubliés. De très belles promenades à faire dans le massif, avec précaution, car ses sites sont aussi souvent des gites à chiroptères, dont toutes les espèces sont protégées, vulnérables au dérangement.

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