Le rocher de Dabo : le phare de la ligne bleue des Vosges

Nous faisons escale cette semaine dans les Vosges mosellanes pour y admirer l’un des monuments les plus insolites et remarquables du très riche patrimoine lorrain, le fameux rocher de Dabo.

Il s’élève comme une île, un récif, au beau milieu de cet océan de verdure constitué presqu’exclusivement de résineux. C’est là, sur les contreforts des Vosges mosellanes, dans ce cadre somptueux et enchanteur, véritable paradis des randonneurs,  que se dresse le rocher de Dabo. Celui-ci constitue en tout point une curiosité et un site incontournable de tout le massif vosgien. Formé il y a plus de 200 millions d’années pendant l’ère du Trias, cet extraordinaire rocher de grès rose (647 mètres) est surmonté de la chapelle Saint-Léon (664 mètres) datant de 1889 de style néo roman auquel on ajouta une tour, qui servirait de belvédère pour le Club Vosgien. Au-dessus du porche, on remarque les armoiries des Comtes de Dagsbourg et celles de Saint-Léon sculptées dans le grès. Au-dessus de ce même porche et dans un renfoncement de la tour, se tient une piéta blanche. La voûte de l’édifice est ornée de médaillons peints sur toile, représentant les parents et les deux sœurs de Saint-Léon, patron de Dabo. C’est ici que serait né en 1002, Bruno de Dabo, évêque de Toul qui fut élu Pape en 1048 sous le nom de Léon IX.

Le rocher offre un magnifique panorama sur le plateau lorrain et la ligne bleue des Vosges aux sommets recouverts d’immenses forêts. Le soir, la vue sur le rocher avec la chapelle illuminée est époustouflante de magie et de mystère.

Le vaste territoire de la commune de Dabo s’étend sur le versant Ouest du massif vosgien, dans sa partie gréseuse. Les épineux et les fougères couvrent une importante partie du ban communal. L’histoire de ce petit village blottie dans une clairière au cœur des forêts et des montagnes mérite que l’on s’y attarde un peu. C’est au Xème siècle que fut construit le château de Dabo (ou Dagsburg) sur le rocher. Les murailles encerclaient le pourtour de celui-ci et protégeaient une tour d’habitation, de petites tours de guet ainsi qu’un bâtiment pour les réserves et les écuries et un puits. Ce dernier est encore visible aujourd’hui derrière la chapelle.  Le comté passa ensuite sous l’autorité de la famille des Linange en 1225. Les Comtes de Linange qui refusèrent allégeance à Louis XIV, prirent les armes contre lui en 1672. Mais après un long siège devant le château, qui constituait un obstacle à l’avancée des troupes françaises, celui-ci dut capituler le 13 mars 1677. Le château de Dabo fut rasé en 1679 sur les ordres du roi de France et de son ministre d’Etat, Louvois, avant que quelques siècles plus tard, un nouveau monument, la chapelle, vienne recouvrir le sommet du rocher.

Une ancienne coutume fait encore aujourd’hui la curiosité du village. En effet, vers la fin du Xème siècle, les guerres dévastaient régulièrement le pays. Pour le repeupler, les seigneurs attirèrent des colons venant de France, de Bavière, de Suisse et du Tyrol. Ils leur accordèrent de nombreux droits forestiers. Le plus ancien règlement date de 1569, et, de nos jours, les habitants de la commune, descendants de ces colons, bénéficient toujours de ces droits dont le plus important est le bois bourgeois, c’est-à-dire l’octroi de huit arbres résineux par an. L’attribution de ces huit arbres donne lieu à une importante foire annuelle après le 11 novembre.

Enfin, d’autres lieux insolites sont à découvrir dans la commune et dans les environs. Ainsi, nous pouvons noter les maisons troglodytiques du Falkenfelsen, antérieures à 1789, soigneusement restaurées et visitables, la cristallerie de Dabo et ses tailleurs de verre, ainsi que le cimetière romain de Beimbach, au lieu-dit des « Trois Saints », sur les hauteurs de Walscheid. Entouré d’un muret, le cimetière se compose de pierre de grès taillées en forme de maison, posées sur une dalle.        

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