La Lorraine à l’heure européenne

Petit tour d’horizon des principales formations lorraines engagées dans une compétition européenne. 
Si Metz et Nancy sont les seules villes lorraines à présenter et capable de le faire des équipes sur la scène européenne, il n’en demeure pas moins que leurs dignes représentants peuvent y nourrir de légitimes ambitions, à consommer sans modération et ce malgré la prudence affichée, devenue maintenant légendaire, des différentes formations de la région. Au total, deux équipes nancéennes, respectivement l’AS Nancy Lorraine pour le football et le SLUC (Stade Lorrain Universitaire Club) pour le basket et une formation messine, le Metz Handball, récemment et brillamment sortie d’une phase de qualification particulièrement éprouvante à Trondheim en Norvège, goûteront à l’ivresse d’une joute continentale. 
L’ASNL, malgré un début de saison décevant en pointant seulement à la quatorzième place en championnat après huit journées, retrouve donc la phase de poule de la coupe de l’UEFA, deux ans seulement après l’avoir quittée en seizième de finale face aux Ukrainiens du Shaktar Donetsk issus de la Ligue des Champions. La Ligue des Champions justement, que l’équipe entraînée par l’emblématique et atypique Pablo Correa, rata de si peu la saison dernière au profit de l’Olympique de Marseille, finissant au pied du podium et ce, au terme d’une saison historique. Car si l’ASNL doit se contenter (seulement) de la coupe de l’UEFA, elle acquit le droit de la disputer, non pas en remportant une coupe de la Ligue comme en 2006, mais directement par la voie royale du championnat, récompensant ainsi un exploit s’inscrivant sur une plus longue durée que celui de quelques matchs joués à domicile. En effet, Nancy avait gagné et accédé à la finale de la coupe de la Ligue face à Nice, après un tirage relativement heureux, l’ASNL ayant eu le bénéfice de jouer chacun de ses matchs à Marcel Picot. Mais que l’aventure fut belle ! Après avoir passé l’obstacle écossais de Motherwell magré un certain manque d’efficacité offensive, lui rendant la tâche plus compliquée que prévue (victoire à l’aller 1-0, 0-2 au retour en Ecosse), l’équipe du président Jacques Rousselot rencontrera des adversaires aussi prestigieux que coriaces avec les Espagnols du Deportivo La Corogne et du CSKA Moscou, ainsi qu’une vieille connaissance, le Feyenoord de Rotterdam, qui ne laissa pas que des bons souvenirs du côté des supporters nancéens. En effet,  l’ASNL avait déjà rencontré les Néerlandais lors de leur précédente campagne européenne (victoire sans appel 3 à 0 à Picot), mais la rencontre avait été interrompue une demi-heure et le stade évacué après que des hooligans néerlandais aient brisé les barrières de pexyglace,  jeté des sièges sur la pelouse et causé des mouvements de foule. Les CRS étaient alors intervenus à coups de gaz lacrymogène. Le centre-ville n’avait d’ailleurs pas non plus été épargné par ces mêmes hooligans quelques heures avant la rencontre. Enfin, les Polonais de Lech Poznan complètent le groupe. Si ce tirage s’avère difficile et compliqué pour Nancy, il devrait permettre d’accueillir de belles oppositions de style avec notamment la réception du CSKA Moscou  et le déplacement à La Corogne. Malgré le fait que les dirigeants du club lorrains souhaitent seulement aller le plus loin possible dans cette compétition, leurs belles ambitions plus ou moins cachées ne sont pas pour autant rangées au placard : en effet,  depuis son retour parmi l’élite le club grandit et investit chaque année toujours plus, comme en témoigne l’installation d’écrans géants et de panneaux publicitaires lumineux à Picot, la rénovation du centre de formation (le quatrième de France, juste derrière celui du FC Metz), l’agrandissement future du stade à 32 000 places ou encore l’augmentation du capital du club avant une éventuelle et prochaine entrée en bourse. Rendez-vous donc le jeudi 23 octobre avec la réception du Feyenoord de Rotterdam, mais sans les « supporters » néerlandais, le club n’organisant pas pour l’occasion et au regard des évènements passés  le déplacement de ses fidèles. 
Le SLUC, quant à lui, champion de France en titre pour la première fois de son histoire après trois échecs consécutifs en finale des play-offs de Pro A, connaîtra également pour la toute première fois les joies et les peines de l’Euroligue, la plus prestigieuse des compétitions continentales. Et là encore, le tirage au sort des groupes n’a pas été clément. Le club du président Fra s’en contentera et appréciera le menu, avec au programme des formations parmi les plus capées d’Europe : Barcelone, le Panathinaïkos, Zalgiris, Sopot et Sienne. Ici aussi la perspective de superbes affiches enchante déjà les supporters de Gentilly, qui affichera sans aucun doute et comme souvent complet pour la réception des Catalans le jeudi 23 octobre. Et l’ambiance promet d’être chaude, bouillante même, autour de l’équipe entraînée par le perfectionniste Jean-Luc Monschau. Autre point commun avec l’AS Nancy Lorraine, le SLUC est un club en plein essor depuis son accession en Pro A au début des années 1990, sa victoire en coupe Korac en 2002 et celle dans la Semaine des As en 2005. D’autant plus qu’après quatre finales de suite en Play-off à Bercy et le Trophée des Champions 2008, son premier titre de la saison, le SLUC est définitivement entré  dans l’histoire du basket hexagonal. Il lui reste encore à ouvrir une première page dans celle de l’Euroligue, pour pourquoi pas un jour y conquérir des sommets, même si, pour les dirigeants il s’agira avant tout d’y prendre du plaisir et d’y acquérir une solide expérience. Là aussi des ambitions mesurées qui cachent en coulisse un profond désir de réussite et de grandeurs, à l’image des récentes volontés affichées de construire la plus vaste salle de France, d’une capacité de dix à vingt mille places. 
Enfin, dernier représentant lorrain engagé dans une compétition européenne, l’équipe féminine de Metz Handball. La formation entraînée par le charismatique Sando Rac goûtera à nouveau à la Ligue des Champions, trois ans après sa dernière participation, et suite à un laborieux mais non moins brillant tour préliminaire en Norvège. Le président Thierry Weizman en rêvait, les filles l’ont fait. Quelle magnifique récompense pour ce club prestigieux et ses quinze couronnes nationales, qui faillit bien disparaître quelques saisons plus tôt suite à de graves problèmes financiers. Aujourd’hui le club a retrouvé des finances stables, grâce entre autres à un formidable élan populaire, aux collectivités locales et à des partenaires économiques actifs et toujours plus nombreux.  Metz Handball s’est donné les moyens de ses ambitions comme en témoigne un recrutement de qualité composé d’internationales. Il s’agira pour la formation messine d’acquérir une certaine reconnaissance sur la scène européenne, où les Mosellanes n’ont guère brillé jusqu’à présent. C’est d’ailleurs le seul titre qui lui manque, alors que sur les parquets du championnat leur réputation n’est plus à faire. Mais évidemment, le tirage ne fut guère favorable : Viborg, Kerim Ljubljana et Nuremberg attendent de pieds fermes les Messines.  Cela dit les filles du Metz Handball ont récemment démontré toutes leurs capacités à faire trembler les grands d’Europe comme Volgograd en phase éliminatoire. Bref, que du spectacle en perspective. 

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