Un manque cruel de communication

Dernièrement, en parcourant vos colonnes, j’ai pu lire tout le désarroi de certains professionnels du tourisme messins. Ils constatés avec amertume l’absence d’ « effet TGV » sur l’agglomération. Mais, malgré l’espoir légitime que pouvait susciter l’arrivée du TGV Est, il n’est en réalité pas étonnant d’observer l’impact relativement faible qu’il y a pu avoir jusqu’à présent sur la Lorraine et plus particulièrement sur Metz, d’un point de vue économique et touristique. La faute à un manque cruel de communication national juste avant l’arrivée du dit TGV, d’action marketing « agressive » et lisible en vue de promouvoir l’attractivité du territoire messin et ses richesses architecturales. Pour dire vrai, il n’y a eu absolument aucune action de communication commune au niveau régionale. Metz a même été complètement occulté dans les différentes présentations de la SNCF et de certains magazines au sujet de la mise en circulation du TGV Est. On a surtout parlé de Strasbourg, parfois de Nancy et de Reims. Et de manière invraisemblable pratiquement jamais de Metz ! Comment voulez-vous donc attirer les Franciliens qui constituent une cible et une clientèle évidente avec une telle liaison reliant Paris au Grand-Est ?

La Lorraine a, quand elle l’a fait, communiquée en ordre dispersé. Nancy d’un côté, Metz de l’autre. Toute l’Alsace n’en demandait pas mieux et espère que cela en restera ainsi jusqu’à l’éventuelle réalisation de la deuxième phase du TGV Est. Après, des voix nous disent que ce second tronçon est capital pour la Lorraine. Je veux bien mais à condition de savoir l’exploiter et de bien le négocier. Car, si jamais la nouvelle liaison Rhin-Rhône voit le jour, Strasbourg qui était jusqu’alors un cul de sac ferroviaire, se retrouverait au cœur d’une interconnexion européenne et raflerait toute la mise. Et la Lorraine dans tout cela ? Elle passerait une nouvelle fois à la trappe. Au lieu de s’unir, de faire front commun, les Lorrains se sont une nouvelle fois dit que cela irait mieux en se divisant. Certes, il y eu la campagne assez énigmatique et intrigante « La Lorraine, un jour vous lui demanderez la Lune » orchestrée par le conseil régional, mais à part cela, le néant. Pourtant, il est souvent crié ici ou là que le nerf de la guerre c’est l’argent, c’est aussi la communication. D’autant plus pour une région comme la Lorraine qui a malheureusement une image loin d’être idyllique en France. Les autres provinces l’ont très bien compris. Il n’est pas rare de voir fleurir toutes sortes de publicités touristiques vantant les attraits de la Champagne-Ardenne, de l’Alsace et d’autres dans les stations de métro parisiennes et à la gare de l’Est. Et la situation ne s’est pas vraiment améliorée pour la Lorraine après la fermeture il y a déjà quelques années de la Maison de la Lorraine à Paris, véritable lieu d’échange et de promotion. Une des rares satisfactions demeure néanmoins la multiplication de guides touristiques sur notre région, qui ont au moins le méritent d’exister malgré leur trop faible épaisseur. Que dire cependant de la signalisation touristique routière et autoroutière en Lorraine qui est encore largement inférieure et bien moins présente qu’en Alsace ou en Bourgogne. En résumé, la communication et la valorisation de la Lorraine ne peut aller qu’en s’améliorant tellement elle part de loin. On peut enfin se demander si Metz saura cette fois bien négocier et communiquer efficacement sur son prochain marché de Noël et sur l’arrivée du Centre Pompidou. Dans le cas contraire, il pourrait y avoir une nouvelle désillusion… 

Laisser un commentaire